En plus d'associer des méthodes pédagogiques à l'aspect ludique, le serious game est une plateforme de recrutement efficace, et un outil de développement de la marque à l'échelle mondiale.

"Le jeu en entreprise est une stratégie de recrutement efficace, ludique et calquée sur la réalité"

Entretien avec Marco Bocchia, responsable de la coordination et du développement de Ace Manager chez BNP Paribas.

L’Atelier : Quel est l’intérêt d’un serious game pour l’entreprise ?

Marco Bocchia: C’est un véritable outil de développement de la marque et une nouvelle forme de communication qui n’a rien à voir avec celle que l’on utilisait avant. Ce serious game nous permet d’allier l’aspect ludique et pédagogique. Nous sommes ainsi précurseurs dans cette logique. Notre but est d’être plus présents dans les universités, les écoles et d’avoir une visibilité sur les réseaux sociaux. Pour l’instant, nous avons 5000 fans sur notre page Facebook et plus de 400 followers sur Tweeter. Le nombre de participants est également en croissance nette : ils étaient 4000 à la première session, 8000 à la seconde et 13000 cette année. Le fait d’avoir adapté le jeu en anglais permet également de supprimer toutes les frontières et de viser le monde entier.

C’est donc une stratégie de recrutement pour la banque…

Marco Bocchia: Oui, les meilleurs joueurs sont d’ailleurs invités à Paris pour le challenge final, mais ce jeu cherche avant tout à être pédagogique et pragmatique. Les joueurs ont un espace pour leur boîte mail et les dossiers techniques. C’est donc une vraie base de travail aménagée avec leurs cursus qui s’encre sur les différents métiers liés à la finance. Par ailleurs, la récompense financière est méritée pour les étudiants qui ont consacré beaucoup de leur temps au jeu. Nous voulons que cet argent leur permette aussi d’avoir d’autres opportunités, comme partir à l’étranger par exemple. Cette année, un stage dans l’entreprise sera offert pour les quinze premiers gagnants… Depuis peu, une école aux Pays-Bas est en partenariat avec le jeu. C’est ce qu’on appelle le Work Shop : les écoles travaillent sur les anciennes éditions pour permettre aux futurs joueurs de s’entraîner, une sorte d’examen blanc.

Comment ce type de jeu peut-il promouvoir l’image de l’entreprise, tout en associant le côté ludique ?

Marco Bocchia: C’est la perspective du jeu d’équipe qui est essentielle dans ce jeu. Cela permet aux joueurs de partager et d’assumer leurs responsabilités. Au-delà de cela, savoir travailler en équipe c’est entretenir la culture, la valeur du groupe BNP. On se base sur la réalité, une réalité entretenue par le design qui connaît d’ailleurs une nette amélioration du 3D par rapport aux deux éditions précédentes. On a crée une ville avec plusieurs quartiers où le joueur est confronté à plusieurs personnages qui interagissent : les clients, les managers, les collègues, les investisseurs…. Nous avons tout fait pour que le scénario soit le plus réaliste possible. Les personnages ont aussi des voix très réalistes, et la les bureaux sont mis en scène comme dans la réalité… En jouant, les équipes plongent véritablement dans l’univers financier, comme si ils y étaient.