Entretien avec David Nadal, administrateur de Lyon Game et directeur d'Eden Games, qui revient sur la création d'un pôle de formations spécialisées dans les métiers du jeu vidéo à Lyon...

Entretien avec David Nadal, administrateur de Lyon Game et directeur d'Eden Games, qui revient sur la création d'un pôle de formations spécialisées dans les métiers du jeu vidéo à Lyon.
Cette nouvelle école est le fruit d'un partenariat entre le secteur industriel, représenté par l'association Lyon Game, et l'Université Lumière Lyon 2.
 

L'Atelier : Qu'est-ce que cette formation représente pour l'industrie du jeu vidéo?
 
David Nadal : Pour nous, industriels, cette formation est essentielle. Elle nous permettra en effet de recruter dans un premier temps les talents qui nous manquent sur le bassin et donc de pourvoir à la plupart de nos postes encore vacants aujourd'hui à cause du manque de candidats. Deuxièmement, cette école nous permettra de structurer l'industrie. Car s'il existe des formations pour à peu près tous les métiers du monde, le jeu vidéo reste une nouvelle industrie qui a besoin de structures pour être reconnue au-delà de son côté sympathique et ludique.
 
L'Atelier : Que va-t-elle apporter à l'économie de la région Rhône-Alpes et, d'un point de vue plus général, à l'économie française?
 
D.N : Au niveau mondial, les talents français sont très reconnus. Pourtant aujourd'hui, alors que nous avons des besoins grandissants de nouveaux professionnels, nous devons faire face à une désertion des talents, au Canada, aux Etats-Unis et au Japon. L'enjeu pour nous est de former de nouveaux acteurs en nombre suffisant pour pallier la tension qui règne actuellement dans le secteur du jeu vidéo.
 
D'autant que le jeu est un secteur en très forte croissance. La France est le troisième pays producteur de jeu vidéo. Quant au bassin Rhône-Alpes, il représente environ 30% de toute la production ludique française. Le chiffre d'affaires du jeu est plus important que celui généré par le cinéma et est quasiment équivalent à celui de la musique. Enfin, le jeu vidéo connaît une croissance à deux chiffres. En 2006, elle était de 13%, et elle devrait être du même ordre pour 2007.
 
L'Atelier : Quel est l'intérêt d'un partenariat public/privé par rapport aux formations traditionnelles?
 
D.N : Principalement, d'avoir un pied dans l'école. De pouvoir profiter d'un partenariat privilégié qui nous permettra d'aider à la formation d'étudiants qui auront des compétences en adéquation avec le secteur industriel. Finalement, cette interaction avec le secteur public nous permettra de mettre en place des formations adaptées à nos besoins.
 
Propos recueillis par Mathilde Cristiani
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 13/06/2007)