Pour créer des espaces collaboratifs en interne, des compagnies mettent en place leur propre univers pervasif. Un moyen plus immersif d'échanger, bien perçu par les salariés.

 Entretien avec Hélène Zuili, de la société MakeMyWorlds, une agence de conseil qui propose aux professionnels des services de réalité virtuelle. L’Atelier l’a rencontrée lors du salon Imagina.
L’Atelier : Quel est aujourd'hui l'intérêt des entreprises pour les mondes virtuels ?
Hélène Zuili : Il est important, d'autant que ces univers ne sont plus seulement un moyen de communiquer avec l'extérieur. En effet, il est à présent possible de créer et de développer son propre monde virtuel. Et le monde de Second Life s’adapte très bien aux usages professionnels. Une entreprise peut choisir d’utiliser les technologies de Linden Lab, l’éditeur de Second Life, sans pour autant rejoindre l’ensemble de la communauté. En clair, l’entreprise installe sur ses serveurs les technologies de Linden Lab, et constitue son propre monde virtuel, semblable à celui bien connu par les internautes.
Autrement dit, une société ne se crée pas un espace sur Second Life, mais met en place son propre monde virtuel ?
Tout à fait. C’est Second Life, mais avec une couche supplémentaire qui est la partie administration du logiciel. C’est un Second Life Pro, en quelque sorte, qui constitue une très bonne solution d’Intranet immersif. L’entreprise met elle-même en place son univers, et celui-ci est ainsi totalement sécurisé. Les salariés se créent leurs propres avatars, et peuvent échanger, discuter, collaborer facilement.
Quelle est la valeur ajoutée d’un univers tel que celui-ci par rapport aux autres solutions de collaboration ?
La grande différence, c’est que ce type de mondes virtuels permet une véritable immersion des salariés. Les individus s’engagent émotionnellement, lorsqu’ils intègrent un univers pervasif. C’est une expérience bien différente des simples échanges via Skype, par exemple. Les salariés sont plus impliqués, et collaborent davantage. Il s’agit vraiment d’une solution de télé-présence. A distance, c’est un outil collaboratif alternatif qui évite les déplacements. Et, très concrètement, les univers virtuels permettent de réunir beaucoup plus de monde que pour une vidéo conférence. IBM est parvenu à rassembler virtuellement près de 2500 personnes sur une semaine lors de son e-academy.
Des entreprises ont-elles déjà commencé à utiliser ce type de service ?
Parfaitement. Pour certaines entreprises, les environnements pervasifs sont aujourd’hui une réalité. Elles ont créé leur propre univers virtuel, fermé au grand public, mais semblable à Second Life pour ce qui est de l’interface. A terme, les applications sont infinies. Ce n’est qu’une question de développement. Mais il est d’ores et déjà possible de créer des conférences virtuelles, d’échanger des documents, en intégrant des outils tels que SharePoint, par exemple.
Basile Segalen, envoyé spécial de L'Atelier à Monaco