La location de mobilier gagne peu à peu du terrain et touche désormais les appareils électroménager. A la clé, un nouveau business model. La question est de savoir s’il est pérenne à terme et si le consommateur y gagne.

La location d’électroménager, un "business model" émergent
Les habitudes de consommation évoluent et mènent régulièrement à de nouveaux business models. Après la location de biens immobiliers ou de voitures, le phénomène s’est largement étendu aux biens mobiliers (bricolage, vêtements, meubles,..). Budget des ménages, mobilité géographique ou bien encore les nouvelles habitudes de consommation sont autant de raisons qui conduisent à ne pas vouloir investir à long terme sur ses équipements. En France, la startup NeoSquat, créée l’année dernière, loue à Paris des biens mobiliers. Les clients choisissent la durée et peuvent in fine acquérir le matériel. Si le bien en question passe de mains en mains, NeoSquat le remet à neuf avant chaque nouvelle location. Il peut tout aussi bien s'agir d'un canapé que d'un réfrigérateur car l’électroménager est en effet un segment tentant qui présente de nombreux avantages. 
 

Rentable pour le loueur

En plus de s'épargner l'installation et les frais de réparations, la location d’électroménager permet au consommateur de s’assurer un service sur mesure. C’est ce qu’a bien cerné la startup néerlandaise Wasbundle qui s’est focalisée sur la machine à laver le linge en s’inspirant du système de lavomatic. Son business model repose sur une location basique d’un modèle unique de lave-linge, en partenariat avec l’un des leaders du marché (Miele en l’occurrence). Elle garantit le transport, l’installation et l’entretien, permet l’achat de la machine. Son atout est de personnaliser l’offre en ajustant le prix de location en fonction du nombre d'usages mensuels du lave-linge. Cependant, le recours à la location pour ce type de biens pose la question de la rentabilité. Si l'on se doute que les entreprises y trouvent leur compte grâce à l'achat groupé auprès des constructeurs et un prix fixé pour amortir l'investissement dans la durée de la location, qu'en est-il des consommateurs ? Moins sûr qu’ils s’y retrouvent.
 

Concurrence avec le marché de l’occasion?

La location sur une courte période du mobilier d'équipement de son logement coûtera moins cher au travailleur nomade que le prix d'achat du matériel. Mais la somme économisée est bien inférieure à celle qu'il aurait pu obtenir en revendant ses biens. On s'aperçoit que ce business model vient piétiner le marché de la vente d'occasion. Pour séduire les adeptes du marché de l’occasion et gagner des parts de marché, les acteurs du marché de la location doivent valoriser leurs produits en insistant sur les avantages de la location de matériel neuf ou en rendant plus attractive l’acquisition d’un bien à l’issue d’une période de location... Néanmoins, certains consommateurs sont prêts à économiser du temps et de l'énergie en louant et en s’offrant le luxe d’une prise en charge totale. Occasion d’un côté avec des géants comme eBay, Le Bon Coin... ou location de l’autre avec des acteurs comme Meublicity, Lokéo en France ou Rent King en Floride. Ces deux business models semblent pour l’heure pouvoir co-exister.
Rédigé par Lucie Frontière
Journaliste