Une startup new-yorkaise a l’ambition de changer la perception des mobinautes envers les annonces publicitaires, en se proposant de rémunérer les utilisateurs lorsqu’ils déverrouillent leur mobile

Locket monétise maintenant les écrans d’accueil de smartphones

Installer une application qui affiche des annonces directement sur l'écran de verrouillage de son smartphone contre une rémunération, c'est le principe derrière Locket, une nouvelle application Android qui rémunère les utilisateurs pour louer leur écran de verrouillage, pour y afficher de la publicité. L'application met en avant des publicités de produits, événements et coupons sur l'écran d'accueil du téléphone, et permet à l'utilisateur de choisir de s'engager avec l'annonce, ou de l'ignorer et simplement déverrouiller son appareil comme d'habitude. Quelle que soit l’option choisie, le mobinaute est rémunéré. Chaque déverrouillage fait gagner un centime de dollar - limité à trois centimes par heure. Une fois que l’utilisateur a encaissé un peu d'argent, l'application lui permet de l’échanger contre une carte-cadeau, ou de donner l'argent à une association caritative.

L’utilisateur rémunéré même s’il ne s’engage pas

Selon Patrick de Carvalho, cofondateur et dirigeant de Wayma et Wayma Group, «il existe déjà plusieurs initiatives dans la rémunération du consommateur sur d’autres médias, cela fonctionne mais ce n’est jamais un carton magistral. C’est un nouveau modèle économique qui se cherche». Mais au lieu de forcer les utilisateurs à visualiser les annonces, les utilisateurs de Locket ont le choix de participer ou non. Selon s’ils glissent sur l’écran, à gauche ou à droite, l’utilisateur est redirigé vers un site web, une page web, un coupon ou une vidéo ou choisit d’accéder directement à son écran d’accueil. Cependant, d’après Patrick de Carvalho, ce type de modèle atteint vite ses limites, car « passé l’appât du gain, les utilisateurs veulent des services », explique-t-il. « Locket peut promettre aux annonceurs de grands volumes de clicks, mais il faut vérifier dans la durée combien de membres utilisent vraiment les coupons et promotions ».

Un ciblage basé sur les données personnelles des utilisateurs

Les annonces sont ciblées selon l’utilisateur. Le ciblage est basé sur les données de géolocalisation, leurs habitudes d'achat, les données sociales, recueillies par exemple sur Facebook et leur utilisation d'applications mobiles. Et Patrick de Carvalho de rappeler que la startup survit grâce à un fonds d’investissement. Son modèle peut évoluer, et, pourquoi pas aller, vers le drive to store. « C’est sa capacité à collecter de la data qui augmentera sa valeur ». Pour autant, il ne s’inquiète pas de la sécurité des données utilisées : « les utilisateurs comprennent très bien le fonctionnement, ils s’inscrivent par eux-mêmes. Ils ont accès à des vrais bons de réduction, et récoltent en plus de l’argent. C’est donc faire d’une pierre deux coups. »

Rédigé par Pauline Trassard
Journaliste