Fupol devrait être capable d'analyser les discussions politiques émises sur les réseaux sociaux. Le but : permettre aux politiciens de prendre le pouls de l'électorat en temps réel.

Un logiciel pour améliorer les stratégies des politiques ?

 

En 2015, faudra-t-il faire attention à ses opinions politiques exprimées sur les réseaux sociaux ou au contraire redoubler de commentaires pour faire bouger les choses ? Des experts en sciences politiques et en technologies de simulation planchent en effet sur le développement d’un logiciel qui permettrait aux politiciens d’analyser les opinions exprimées par les citoyens sur les réseaux sociaux. Le projet, baptisé Fupol, inclut la participation de l’Université Autònoma de Barcelone (UAB). L’objectif est de développer un outil de business intelligence capable de collecter automatiquement, analyser et interpréter les messages diffusés sur les réseaux, mais aussi d’être capable d’évaluer la stratégie mise en oeuvre des politiciens sur ces mêmes réseaux. «C’est une toute nouvelle approche de la politique», commente Mùjica Miguel, l’un des chercheurs du programme à l’UAB.

Une analyse poussée des informations collectées

«Le traitement des informations propagées par les réseaux sociaux doit permettre aux politiciens de changer leur manière de communiquer avec les gens, et influencer leurs prises de décisions. Il doit faire tomber la barrière entre citoyens et politiciens» ajoute-t-il. Plusieurs villes en Chine, en Croatie, à Chrypre, en Italie, et au Royaume Uni ont été choisies comme pilotes du projet pour améliorer les stratégies politiques urbaines mises en oeuvre. Mais un tel outil peut-il réellement contribuer à un changement ? «Un tel outil est enthousiasmant, à condition de respecter un certain nombre de règles, qui relèvent plus de la philosophie politique que de la technique » commente Pierre de la Coste, fondateur du site Hyper Republique. Pour lui, cet outil peut s’avérer très utile comme aide à la décision, à la compréhension des mouvements sociaux de fond.

Un grand potentiel

«Il pourrait finalement contrebalancer la foison de sondages peu fiables que nos politiques commandent souvent à grand frais», ajoute-t-il. Selon lui, les politiques font encore souvent un usage un peu naïf des médias sociaux, notamment en faisant croire qu'ils sont sur Twitter et Facebook toute la journée. Un tel outil pourrait leur permettre de les utiliser de manière plus pertinente. «Mais attention : il serait très grave que les politiques s’appuient sur les médias sociaux qui ne respecteraient pas scrupuleusement les lois et les principes sur les données personnelles». Selon lui, cet outil de démocratie électronique serait beaucoup plus facilement utilisable au niveau local (choix des équipements publics par exemple) qu'au niveau des sujets régaliens (politique étrangère, Défense). «De toute façon, ce changement est en marche, il s'agit de le maitriser. L'utopie est le moteur de notre histoire politique, mais attention à ses excès», conclut-il. Pour information, le projet est soutenu par un consortium international de 17 partenaires en Europe et en Chine et financé par le 7e Framework Program de la Commission Européenne, avec un budget de 9.1 millions d’euros si l’on en croit le communiqué. Il devrait arriver à terme en 2015.