La région Rhône-Alpes, très active dans le domaine des loisirs numériques, inaugure une école spécialisée issue d'un partenariat entre les secteurs public et privé. Celle-ci formera des passionnés aux nouvelles techniques du jeu vidéo...

La région Rhône-Alpes, très active dans le domaine des loisirs numériques, inaugure une école spécialisée issue d'un partenariat entre les secteurs public et privé. Celle-ci formera des passionnés aux nouvelles techniques du jeu vidéo. 
 

Les jeux vidéo, nouvel Eldorado de l'innovation française? C'est en tout cas l'opinion de la région Rhône-Alpes. Celle-ci, qui accueille cinq des treize studios français les plus importants, ouvre à la rentrée 2007 un pôle de trois cursus spécialisés, baptisé Gamagora. Celui-ci est destiné à former les étudiants aux besoins réels d'un secteur en pleine croissance mais très exigeant. Les trois formations seront financées et orchestrées par l'Université Lumière Lyon 2 et Lyon Game, qui fédère les acteurs phares du jeu vidéo et du numérique de la région.
 
Un marché freiné par des formations inadaptées
 
Aujourd'hui, 70% des studios de développement peinent à recruter. Motif invoqué: dans un marché en constante évolution, où les consommateurs se font plus exigeants sur la qualité des graphismes et où la concurrence internationale ne cesse de s'amplifier, les compétences techniques requises sont très nombreuses... et la main d'œuvre pas toujours adaptée. Etre passionné de mondes virtuels et autres batailles numériques ne suffit pas pour devenir professionnel!
 
Les trois formations - un Diplôme universitaire (DU) d'Infographie 3D, un DU de Level Design et un Master 2 professionnel de Conception et Intégration Multimédia - d'une vingtaine d'étudiants chacune, dispenseront une formation technique d'un an. Celle-ci alternera entre enseignements théoriques (réalisés par des professeurs et des professionnels), réalisation de projets et stages. But de la manœuvre: fournir un personnel qualifié capable de dynamiser le secteur. Et donc renforcer la compétitivité du territoire.
 
Un potentiel économique important
 
Pour David Nadal, administrateur de Lyon Game et directeur d'Eden Games, l'un des partenaires du cursus, "l'enjeu est de continuer à recruter pour pouvoir accroître notre activité. La création d'une école est également importante d'un point de vue sociologique, en permettant au jeu vidéo, qui est une industrie jeune, d'être considérée comme les autres".
 
En 2006, le secteur du jeu vidéo a généré un chiffre d'affaires de 28 milliards d'euros, dont 1,7 milliard d'euros par la France (15% du CA total). La région Rhône-Alpes, de son côté, a enregistré un résultat de 335 millions d'euros en 2005, et se classe, selon le cabinet Ambroise Bouteille, sixième du palmarès mondial en ce qui concerne les activités du jeu vidéo. Autant dire que le potentiel du secteur est très important pour la France en général, et pour le bassin lyonnais en particulier...
 
Des partenariats public/privé pour faire avancer le jeu
 
La région l'a compris, et travaille également à d'autres projets comme Genac II, un générateur automatique et semi-automatique de contenus. Le dispositif, fruit de la collaboration du pôle de compétitivité Imaginove avec deux industriels, WideScreen Games et Eden Games, et l'INRIA et le LIRIS (Laboratoire d'informatique en Image et Systèmes d'Informations), permettra aux studios de produire des contenus plus esthétiques, le tout plus rapidement. Selon les acteurs du projet, Genac II devrait permettre un gain moyen de productivité de 20%.
 
Lyon, futur leader du jeu vidéo? Reste que la mise en place de formations dédiées aux métiers des loisirs numériques n'est pas nouvelle. Plusieurs écoles ont déjà pignon sur rue. A suivre, donc, pour vérifier quel sera ce "plus" que l'initiative privée/public Gamagora prétend apporter!
 
Mathilde Cristiani, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 13/06/2007)