Alors que la plupart des étudiants se servent quotidiennement de leurs smartphones, de nombreuses structures d'enseignement supérieur tentent d'en profiter pour faire évoluer la transmission du savoir, malgré quelques contraintes.

 

On connaît le m-commerce, la m-banque, le m-marketing. Mais on ne pense peut-être pas souvent au m-learning. Apparemment, les universités et les écoles de commerce non plus. Selon un récent rapport de l'International University Consortium for Executive Education (Unicon), ces établissements devraient mieux exploiter les possibilités du "mobile learning" et prendre plus d'initiatives pour proposer aux étudiants des méthodes d'apprentissage plus individualisées, en se servant des différents terminaux mobiles qu'ils possèdent. "Ces jeunes utilisateurs sont extrêmement connectés", explique Sébastien Brunet, responsable du Living Lab au Cned. "Pour continuer à les toucher, il faut réussir à faire le lien entre apprentissage formel au sein de la classe et informel (espace personnel, bibliothèque…) grâce aux smartphones ou aux tablettes."

Un pas en avant dans la personnalisation

Comment ? En envoyant par exemple résumés et compte rendus au format textuel, sonore ou vidéo, que ce soit avant ou après les cours effectifs. Ou, dans une démarche plus structurée, en mettant en place des plateformes collaboratives autour de forums et de groupes d'e-mailing, où étudiants et professeurs échangeraient des informations. Ces méthodes ont également l'intérêt de faire profiter les étudiants de leurs différents temps morts dans la journée (comme les trajets dans les transports en commun) pour continuer à engranger du savoir. Mais utiliser de tels supports n'est pas sans contrainte. "Nous devons faire face à de vrais problèmes de standardisation technique, il est difficile de proposer des applications complexes, interactives et pertinentes quand les systèmes d’exploitation sont si variés."

Un atout pour le monde du travail ?

Les structures éducatives se trouvent aussi confrontées à des problèmes récurrents de couverture réseau dans certaines zones du globe et au coût élevé des applications de qualité. Surtout, les réflexions autour du m-learning se focalisent trop souvent sur le support, pas assez sur les usages. "Transposer sur portable un document qui sera l'exacte copie de celui proposé sur ordinateur n'a pas de sens. Il faut y inclure de l’interaction, du partage d’informations", continue Sébastien Brunet. D'autant plus que ces méthodes d'apprentissage sont de plus en plus utilisées en entreprises (notamment dans l'accès mobile aux données), d'où l'intérêt pour les étudiants de se familiariser avec ces dispositifs. "Les personnes qui auront expérimenté ces procédés lors de leur vie étudiante en connaîtront très bien les atouts, contraintes et risques. Ils auront plus de facilité à adopter les bons réflexes."