La masse de données générée par les livres électroniques ouvre de nouvelles possibilités. Les éditeurs pourraient notamment affiner leurs choix.

Les maisons d’édition ont tout intérêt à analyser les données des e-books

Grâce aux livres numérique, les éditeurs ont désormais accès à des informations quant à la durée de lecture, la fréquence, le pourcentage d’un livre lu, les passages les plus captivants… La question se pose donc : comment ceux-ci peuvent exploiter ces données ? En quoi le Big data bouleverse le marché de l’édition? Ce sont quelques unes des interrogations qui ont conduit le fabricant de liseuse et désormais ex-fabricant de tablette, Kobo, à publier un livre blanc explorant les différentes possibilités ouvertes. Plus particulièrement, l’entreprise a mis en avant deux données dont l’utilité est multiple : le nombre de copies d’un e-book vendu contre la progression dans la lecture de celui-ci en pourcentage.

Ainsi, dans la masse d’ouvrages aux ventes moyennes, analyser le temps passé sur un livre pourrait tout d’abord mettre en évidence l’engagement d’une audience à un auteur. Un livre peu acheté mais lu rapidement et en entier laisserait entendre que les lecteurs ont apprécié celui-ci malgré, peut-être, un manque de mise en lumière par l’éditeur.

De même, selon Kobo, on pourrait identifier à l’avance le prochain Dan Brown. En effet, ces mêmes données permettraient de déterminer les “page-turner”, ces œuvres que les lecteurs ne peuvent lâcher et lisent entièrement et vite, soit les futurs best-sellers.

Autre application possible : les séries de livres. Outre les chiffres de ventes, les éditeurs auraient la possibilité de mieux cerner l’évolution d’une série. Si le tome deux n’est terminé que par 50 % des lecteurs contre 90 % pour le premier, cela pourrait remettre en cause une suite possible. Et cela serait également intéressant du point de vue des histoires “découpées” en plusieurs livres, du fait de leur longueur.

Pour résumer ce sont les décisions éditoriales dans leur ensemble qui peuvent être affinées voire conditionnées par l’analyse des données. Mais les choix marketing sont aussi interrogés : un livre peu ouvert mais toujours terminé questionne la couverture qui n’engage sans doute pas à ouvrir.

Un risque apparaît alors : l’uniformisation des titres. Pour plaire au lecteur les éditeurs pourraient avoir tendance à privilégier seuls les contenus les plus lus au détriment des autres. L’édition semble bien à l’aube de profonds changements. Le travail même de l’éditeur est en pleine mutation avec le Big data qui questionne le monde de la culture dans son ensemble. Celui de l’auteur aussi : certains envisage ainsi l’écriture comme une création de start-up.

 
Rédigé par Guillaume Scifo