Le marché du disque bat de l'aile. Le chiffre d'affaires des ventes de disques (singles, albums et vidéos musicales) en France a baissé de 12% au premier trimestre 2006 par rapport à la même...

Le marché du disque bat de l'aile. Le chiffre d'affaires des ventes de disques (singles, albums et vidéos musicales) en France a baissé de 12% au premier trimestre 2006 par rapport à la même période en 2005, selon les chiffres rendus publics par le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep). Une chute qui n'a été que très partiellement compensée par la progression des ventes en téléchargement.
 
Le syndicat constate un repli de 6% des ventes de singles, de 12% pour les albums et de 29% pour la vidéo. Tous supports confondus, le marché de gros de la musique a enregistré une baisse de 8,8%.
 
Cette "spirale à la baisse" évoquée par le Snep est plus ou moins marquée selon le répertoire. La variété francophone perd du terrain (-23%). Mais, le chiffre d'affaires de la variété internationale a lui progressé pour le premier trimestre (+6%). Tandis que le classique se redresse fortement (+24%).
 
Pour expliquer ce bilan jugé "assez décevant", le Snep évoque plusieurs facteurs conjoncturels, notamment l'examen au Parlement du projet de loi DADVSI. "Le débat sur la loi DADVSI a eu un gros impact sur les consommateurs, qui ont beaucoup téléchargé à ce moment là, comme s'ils se disaient : dépêchons nous avant la fin", a confié à l'AFP Christophe Lameignère, vice-président du Snep et président de Sony-BMG France.
 
Autre hypothèse pour expliquer ces mauvais chiffres : le mouvement du CPE. "C'est une intuition, mais on peut penser que pendant la crise du CPE, les jeunes ont eu autre chose à faire que d'aller acheter des disques", a avancé le producteur. Globalement, le Snep espère que ces chiffres trimestriels ne seront qu'un "accident conjoncturel". Et pour compenser ces pertes physiques, les producteurs misent sur la numérisation des catalogues.
 
En 15 mois, les plates formes de téléchargement ont vu leur nombre de titres disponibles multiplié par 2,5 avec au total 765000 titres. Le Snep indique par ailleurs que la quasi-totalité des nouveautés classées parmi les meilleures ventes sont maintenant disponibles en téléchargement.
 
A noter toutefois que ce trimestre, le marché numérique, qui concernait beaucoup plus les titres ou les sonneries pour mobiles (63%) que les téléchargements sur Internet (37%), n'a représenté que 5% des ventes de gros, contre 95% pour les disques.
 

 
(Atelier groupe BNP Paribas – 04/05/2006)