Malgré la peur de la concurrence des start-up américaines, les occasions d'innover sont importantes sur le Vieux continent. Mais les entrepreneurs doivent avant tout améliorer leur culture de la veille.

Le marché européen reste une opportunité pour l'innovation

Pour promouvoir l'entrepreneuriat, les gouvernements doivent  protéger les idées tout en encourageant l’innovation par la promotion des incubateurs et des investissements. C’est l’un des thèmes qui a été soulevé lors du forum e-G8. Avec comme idée que la difficulté des entreprises françaises serait liée par le potentiel des nouveaux entrants étrangers à venir prendre des parts de marché, avec des plates-formes et des innovations concurrentielles. Pour Guilhem Bertholet, directeur le l’incubateur d’HEC, "le frein est plus dans l’acceptation des innovations que dans l’implantation d’entreprises américaines ou russes". En effet, bien que de grosses sociétés américaines ont su s’implanter avec succès en France, il n’en reste pas moins qu’il est difficile pour les start-ups nord-américaines de venir en Europe. Cela notamment parce que le marché est atomisé en raison de différences culturelles et des langues qui y sont présentes

Un marché complexe

"En France, les sociétés américaines mettent du temps à s’implanter et cherchent d’abord à se développer sur leur continent. Elles sont d’ailleurs dans la culture de l’innovation expérimentale, ce qui est moins le cas en France", poursuit Guilhem Bertholet. En ajoutant ce constat à la complexité et à la diversité du marché européen, cela permet d’accorder du crédit aux entrepreneurs français. "Ils sont en effet en territoire connu et vont chercher d’abord à s’étendre en Europe. Ce qu’il faut cependant promouvoir, c’est l’idée que les start-up ne doivent pas être dans une course dont le challenge est de développer la plus grosse société". C’est donc davantage des innovations qui doivent être transformées en opportunité de marché qu’il faut valoriser, en dessinant des modèles d'affaires bien précis et finement ciblés.

Faciliter l'entrepreneuriat

Pour Guilhem Bertholet, la complexité quant au développement des sociétés en France réside notamment dans le fait que notre culture tend à rallonger le temps d’acceptation. "Quoi qu’il en soit, on se rend bien compte qu’en termes de recherche et développement, des idée similaires apparaissent en même temps sur le globe, à plusieurs endroits différents". C’est donc une certaine culture de la veille que nos entrepreneurs doivent avoir. "Il est également important de les aider à faciliter leurs démarches administratives, l’entrepreneur ne doit pas se concentrer sur l’administratif mais bien la promotion et le développement de ses idées". Cela passera donc par exemple par la création d’une structure publique spécifique aux incubateurs et start-up, ou encore par un ajout spécifique à ce type de sociétés dans le code du travail et dans le code administratif, pour flexibiliser leur champ de manœuvre.

Rédigé par Hugo Sedouramane