Dans une étude à paraître, l'Atelier Paribas affirme qu'Internet va sérieusement concurrencer la "télévision de papa". "Il y a cinq ans, certains jugeaient la vidéo sur Internet techniquement impo...

Dans une étude à paraître, l'Atelier Paribas affirme qu'Internet va sérieusement concurrencer la "télévision de papa". "Il y a cinq ans, certains jugeaient la vidéo sur Internet techniquement impossible. C'est désormais une réalité. A moyen terme, grâce à une atténuation des problèmes techniques et un enrichissement du contenu, Internet deviendra un média de masse. En 2004, les entreprises françaises auront leur propre chaîne de télévision sur Internet". L'Atelier Paribas, fondé par Jean-Michel Billaut, estime que les médias traditionnels verront leur audience baisser de 30 % en 2001 au profit d'Internet. Internet captera alors 10 % du marché publicitaire de l'audiovisuel. Selon l'Atelier, 70 % des sites les plus visités aujourd'hui "ont un contenu audiovisuel" qui augmente de "10 % tous les mois". La banque compte "Plus de 2 000 stations de radio et plus de 50 chaînes de télévision qui émettent en direct sur la Toile" représentant près de 200 000 heures de programmes diffusées chaque semaine. La diffusion des chaînes de télévision sur la Toile en 2000 devrait générer un chiffre d'affaires de 4,5 milliards de dollars (4,1 milliards d'euros). Selon l'étude, la création d'une chaîne de télévision "est devenue à la portée de tous", grâce notamment au coût d'équipement relativement faible (100 000 F) pour la diffusion en continu d'images et de son sur Internet. Allié au groupe allemand de capital-risque BMP et au suisse GM Productions, Paribas soutient un certain nombre de start-up tentant d'arriver sur ces marchés.

De nombreuses questions demeurent sans réponse à ce jour. Qui sera chargé de réguler la télévision sur Internet ? Bien que n'en ayant pas les compétences, le CSA en France en rêve. Fondateur de CanalWeb, l'un des opérateurs de télévision sur Internet, Jacques Rosselin affirme "je vois mal comment le CSA pourrait réglementer Internet. Quand je vais voir un maire, je lui explique qu'il est plus facile de lancer une chaîne locale sur Internet qu'en hertzien". Jusqu'à présent, c'est l'ART qui a tranché les différends opposant les câblo-opérateurs souhaitant commercialiser Internet sur le câble, à France Télécom. De son côté, la Commission de Bruxelles se penche sur le dossier de la convergence entre télécommunications, médias et technologies de l'information et a tracé, le 10 mars, les grandes lignes de sa politique. Elle a réaffirmé l'importance d'une "distinction des réglementations entre l'accès aux réseaux de transport et le contenu" ainsi que la nécessité "en matière de réglementation, de réaliser des objectifs d'intérêt public". (Le Monde - 23/03/1999)