En analysant les images postées par des internautes sur des sites comme Flickr, une équipe britannique est parvenue à obtenir des résultats sur les populations d'abeilles au Royaume-Uni

Les médias sociaux au secours des scientifiques pour l'étude des abeilles

Face aux difficultés éprouvées par la communauté scientifique pour étudier l'impact des activités humaines sur certaines espèces animales, les réseaux sociaux pourraient constituer un outil efficace. C'est en tout cas ce dont sont persuadés des chercheurs de l'université de Gloucestershire, au Royaume-Uni. "Faire contrôler par des scientifiques expérimentés les changements survenus dans la composition des colonies d'abeilles est vital", expliquent-ils. "Mais cela demande beaucoup de temps et d'argent". Pour contourner ce problème, les chercheurs ont cherché à savoir s'ils seraient capables de récolter des données fiables sur la distribution des abeilles à travers les Etats-Unis en faisant appel à la contribution d'internautes non formés sur Facebook ou Flickr.

Une plus grande implication des internautes

"Nous avons utilisé Flickr pour stocker les photos et leur associer des données sur la date, l'heure et le lieu de la prise de vue", expliquent-ils. En six semaines, le nombre de photos répertoriées sur le groupe BeeID créé pour l'occasion dépassait les 200. Si les résultats en termes de couverture géographiques des îles britanniques sont très satisfaisants, les chercheurs déplorent qu'à peine 60% des photos téléchargées ne l'aient pas été selon leurs instructions. Néanmoins, ce résultat est bien meilleur que pour la moyenne des photos postées sur Flickr. "Ce qui indique la nécessité d'un groupe dédié pour récolter des données écologiques", estiment-ils. Par ailleurs, l'identification des abeilles n'a pas été possible sur toutes les photos, certaines d'entre elles ne faisant par exemple pas apparaître l'abdomen des insectes dans son intégralité.

Utiliser une plate-forme existante

Pour les chercheurs, cela prouve la nécessité de fournir aux internautes un minimum d'instructions sur les détails à faire figurer sur les photos. Au final, l'équipe considère l'expérience comme un succès. Elle aura en effet permis de prouver qu'il était possible d'utiliser la puissance de mobilisation des réseaux sociaux autour d'un projet scientifique de cet ordre. "Il y a aussi beaucoup d'avantages à utiliser les plates-formes sociales existantes plutôt que de créer un site web particulier", concluent-ils. Entre autres : la possibilité de bénéficier directement du réseau de tous les internautes et groupes ayant des centres d'intérêt communs et par-là même maximiser la participation au projet.