Dans les pays émergents, le numérique stimule la demande en micro-travaux : catégorisation de produits, modération de sites... Des activités qui représentent de réels gains.

Les micro-tâches de plus en plus considérées pour leur valeur économique

Plus de cent mille personnes dans des pays en forte croissance comme l’Inde et la Chine gagnent leur vie grâce aux jeux vidéo et aux sites leur proposant des micro-tâches, révèle une étude du programme infoDev mis en place par la Banque mondiale et la Société financière internationale. Il apparaît en effet que les micro-tâches, comme la catégorisation des produits pour les e-commerçants, la modération de sites communautaires, ou même jouer à des jeux pour le compte de personnes plus riches permettent de réels gains à ces pays. Ces derniers sont d’ailleurs de plus en plus connectés sur la Toile, notamment via l’Internet mobile.

Croissance d’emplois

"Ces travaux encouragent l’économie locale et soutiennent le développement d’infrastructures digitales dans des régions comme l’Afrique et l’Asie du Sud-Est", explique Tim Kelly, le spécialiste de politiques de nouvelles technologies de l’information et de la communication d’infoDev. En effet, le marché des jeux pour le compte d’autrui serait même estimé à 3 milliards de dollars en 2009. Ce qu’il faut noter, c’est qu’à la différence de la production de café où les gains des producteurs représentent moins de 10 % du marché, celui du numérique permettrait des gains représentant 70 % des ventes pour le fournisseur de services. D’autres micro-tâches ouvrent des possibilités de croissance considérables, comme la gestion des données personnelles, la traduction ou encore la transcription…

Prudence

Malgré la pertinence de toutes ces opportunités, l’étude précise que pendant que ce marché se développe, certaines activités n’ont cependant pas d’effets uniquement positifs, tout comme l’achat et la revente de devises d’échange des jeux en ligne, ou encore les clics en masse sur les boutons "like" intégrés aux pages Facebook. En effet, ces activités peuvent créer des environnements dits "injustes", dans lesquels l’opinion perd de sa valeur et est représentée de manière inéquitable. Pour rappel, un rapport de l’université d’Harvard expliquait l'année dernière que les employeurs offrant un emploi via Internet dans les pays émergents ne sont pas les esclavagistes comme souvent décrits, mais une opportunité de croissance.

Rédigé par Hugo Sedouramane