Il faut dire que malgré sa nationalité française, Thomson Multimédia est devenue une entreprise très américaine, puisque chaque année 10 millions de foyers américains achètent l’un des produits sort...

Il faut dire que malgré sa nationalité française, Thomson Multimédia est devenue une entreprise très américaine, puisque chaque année 10 millions de foyers américains achètent l’un des produits sorti de ses usines. En prenant 7,5 % du capital, Microsoft entre par la grande porte dans le monde de la télévision interactive. S’il s’agit simplement au départ d’accords commerciaux et technologiques (le produit WebTV de Microsoft permettant de surfer sur Internet depuis son téléviseur sera vendu par Thomson/RCA et Microsoft permettra au français l’utilisation de son système d’exploitation Windows CE conçu pour les décodeurs numériques), dès la mi-1999, Thomson et Microsoft veulent commercialiser une nouvelle “race” de téléviseurs intelligents intégrant automatiquement la notion d’interactivité. Pour ce faire, une entité commune sera créée afin de développer des guides de programmes et d’information ainsi que d’autres outils de communication, le tout devant fonctionner sur les réseaux de diffusion analogiques existants. Pour sa part, Thomson Multimédia espère réaliser en 2002 un tiers de son revenu dans le numérique (décodeurs) et les services issus de la télévision interactive (14 %) et seulement un tiers dans les téléviseurs (60 % aujourd’hui).

Selon Christian Pierret, Thomson Multimédia vaut “probablement plusieurs milliards”. Faisant allusion aux déclarations de l’ancien premier ministre qui avait estimé que l’entreprise ne “valait rien” en 1996, Christian Pierret a déclaré “la preuve est apportée aujourd’hui que ce groupe ne valait pas un franc comme M. Juppé l’avait dit. Si Bill Gates s’y est intéressé, c’est que TM représente un potentiel technologique, qu’elle a des équipes, des techniciens, des ingénieurs qui ont une grande valeur au plan mondial”. (Le Figaro 01-02/08 - Les Echos La Tribune - 03/08/1998)