Les investissements affluent, l’enthousiasme des internautes est à son comble, la technologie de réalité cinématique de Magic Leap ou de Microsoft promet beaucoup cette année. Reste à savoir si l’outil parviendra vraiment à bouleverser le marché.

Le MIT considère le Magic Leap comme technologie disruptive

Le MIT le classe en tête des dix technologies de rupture à suivre en 2015. La réalité augmentée de Magic leap avait même séduit l’an dernier les investisseurs de Google. On ne sait pas encore tout à fait à quoi cela va ressembler ; tout juste sait-on que cela prendra la forme d’un wearable entre lunettes connectées et casque, le tout relié à un boîtier. En revanche la start-up installée en Floride communique volontiers sur la qualité de sa technologie. Le dispositif permet en effet une visualisation en 3D devant soi et promet un réalisme équivalent aux images de synthèse du cinéma. La différence avec l’Oculus Rift ? Magic Leap ne plonge pas dans un univers différent, il ajoute des éléments 3D dans le monde réel. L’utilisateur pourrait même toucher et entendre les objets. Mais la start-up floridienne n’est pas la seule à travailler sur ces dispositifs de 3D holographique. On avait ainsi déjà évoqué la jeune Ultrahaptics qui se concentre sur le toucher des hologrammes 3D ainsi que du Wearable communicator dans un autre domaine, plus professionnel. Microsoft travaille également sur le Hololens, une technologie qui promet de bouleverser et les habitudes et le marché même si la qualité d’image serait bien moins nette que chez Magic Leap selon le New-York Times, puisque le but de Microsoft n’est pas dans le seul divertissement comme le montre la vidéo de présentation.

 

Un usage plus fort que le téléphone mobile ?

Remettre de la magie dans le monde grâce à la technologie.” L’objectif est donné dès la page d’accueil du site de Magic Leap et il annonce la couleur : le dispositif entend changer les comportements comme le smartphone l’a fait plusieurs années auparavant. La réalité cinématique de la startup compte même dépasser les téléphones et les tablettes pour s’inscrire durablement dans les usages. Ça c’est pour les promesses. Mais on ignore encore à quoi servira concrètement le dispositif : pourra-t-on envoyer des messages, travailler, ou cela servira-t-il seulement au gaming et au divertissement ? Lors d’une discussion sur Reddit, le CEO de Magic Leap, Rony Abovitz résumait ainsi son ambition : “Nous pensons que les gens sont prêts à utiliser cette nouvelle forme d’informatique autant sinon plus que leur appareil mobile.” L’ambition est la même chez Microsoft qui promet une nouvelle ère sur son site, celle de “l’informatique holographique”.

Mais le marché est-il prêt ?

Cette technologie signe-t-il la fin de l’écran ? Nicolas Nova, chercheur en interaction homme-machine (IHM) soulignait récement à L’Atelier à quel point ce type de changement était très long voire impossible : “l’inertie des habitudes reste très forte”. Car ce bouleversement dans les habitudes peut se révéler effrayant comme le soulignait au Guardian, Daniel Ernst qui développe une technologie de réalité augmentée pour The Shoebox Diorama : “Je pense que cela sera difficile de développer la réalité virtuelle dans le salon ; il est d’autant plus vague de savoir comment cela va atteindre le consommateur.” Pour lui, la limite se situe entre jeu vidéo et salon, c’est-à-dire passer du gaming aux tâches quotidiennes. Malgré la qualité et le confort qu’ajoute Magic Leap, le dispositif aura donc peut-être du mal à dépasser un usage ludique.

Photos : Magic Leap

Rédigé par Guillaume Scifo