En collectant des données générées par les téléphones des conducteurs, il est possible de voir évidemment où se trouvent les congestions, mais aussi de juger plus aisément du succès ou de l'échec d'une solution envisagée.

Le mobile facilite l'identification de solutions pour fluidifier le trafic

Pour étudier les problèmes d'embouteillages, de plus en plus de solutions s'en remettent aux mobiles : collecte de données envoyées par les téléphones, signaux GPS... Autant d'informations permettant de connaître la densité de population sur les routes. L'intérêt : avoir une meilleure appréhension de la fréquentation, mais voir aussi ce qui fonctionne de ce qui est moins efficace, en termes de solutions. Une équipe conjointe du MIT, de la Central South University en Chine, de Berkeley et de l’Austrian Institute of Technology, a ainsi étudié de telles données et s'est rendue compte que l'usage de méthodes de déplacements alternatives ne désenglue pas véritablement les voies quand elles ne sont suivies que par une petite partie de la population. Alors que si ce même pourcentage, dans un espace donné, décide de remettre son voyage, l'impact est beaucoup plus prononcé. Pour les chiffres, il serait possible de réduire le temps perdu dans le trafic de 14 à 18% en reportant le trajet de seulement 1% des automobilistes appartenant à un quartier donné.

Agréger les données de mobiles

Pour parvenir à ces résultats, les deux initiateurs de l'étude, Marta Gonzalez (MIT) et Pu Wang (Central South University) ont agrégé des données dans les villes de Boston et San Francisco, recoupées selon deux variables : la densité démographique des zones urbaines et la capacité du réseau routier. Ils ont accumulé trois semaines de données issues des téléphones portables de manière totalement anonyme afin d’obtenir des informations sur les itinéraires, le volume du trafic et la vitesse des automobilistes. Le système mis au point permet de déterminer le quartier de résidence d’un automobiliste grâce à la régularité des appels effectués en conduisant et grâce à la localisation des antennes relais qui traitent ces appels. En associant ces données à la densité de la population et à la capacité du réseau, il a été possible aux universitaires de connaître l’origine géographique des automobilistes qui génèrent le plus d’embouteillage.

Un modèle fiable et facilement reproductible

Afin de valider cette nouvelle méthodologie, Gonzalez et Wang ont comparé les estimations du temps de trafic nécessaire pour se rendre d’un point A à un point B avec une autre étude, effectuée par Alexandre Bayen (Berkeley) et Timothy Hunter. Ces derniers ont en effet étudié la vitesse des taxis de San Francisco en récupérant leurs données GPS. A partir de la vitesse des taxis, Bayen et Hunter ont réussi à modéliser la densité globale du trafic et ainsi certifier les conclusions de l’étude initiale. La réelle avancée de Gonzalez et Wang porte cependant sur la reproductibilité du modèle, car les données nécessaires sont simples et peu coûteuses à accumuler. Pour un grand nombre de pays en voie de développement qui rencontrent  d’importants problèmes de gestion du trafic, cette solution pourrait par exemple faciliter la mise au point des réseaux routiers de demain.