Pour comprendre le processus qui pousse une entreprise à faire un choix, un moyen est de découper les étapes qui mènent à ce dernier en s'inspirant de plusieurs techniques et concepts informatiques.

Comment les décisions sont-elles prises dans les organisations ? Quelles sont les procédures suivies ? Comment les génère t-on et comment les fait-on évoluer ? Pour répondre à ces questions, un chercheur de la faculté des sciences de l’université d’Amsterdam s’est intéressé à modéliser le processus de prise de décision en utilisant plusieurs techniques et concepts informatiques. Cela, dans le but de faciliter le choix d’externalisation de services informatiques. Concrètement, il s’est focalisé sur les activités informatiques produisant de réelles avancées à partir de fils d’exécution programmés (threads). Le chercheur a mis au point une théorie concernant la prise de décision qui dépasse le simple choix entre plusieurs options. Selon lui, l’efficacité du traitement dépend des réponses préalablement apportées à la question : qu’est-ce que la décision ? En particulier, dans un contexte de prise de décisions organisationnelles, il convient d’examiner les compétences en jeu, la logique sous-jacente et jusqu’aux séquences d’instructions participant aux processus de prise de décision pré-programmés. 

La décision conceptualisée

Selon lui, on peut associer l’aboutissement d’une décision à un élément d’information. La prise de décision devient alors une simple question de compétences confirmées et de capacités informatiques. La recette compte deux ingrédients principaux : une communauté aux facultés métier éprouvées - chacun des membres disposant de talents complémentaires - et une capacité de jugement conjectural, c’est à dire de traitement simple, fondé sur des probabilités ou des exemples. La qualité des résultats proviendrait de la structure de l’organisation (matricielle ou arborescente), du modèle retenu pour la prise de décision, du rôle et de l’intention de chaque individu. Et, explique t-il, une combinaison de traitements multithreads, dans laquelle chaque agent déciderait en parallèle, serait plus efficace dans une structure en forme d’arbre plutôt que dans une organisation en forme de matrice.

Une meilleure prévention des risques

La signification d’une décision prête néanmoins à débat. Est-ce la fin d’une période d’indécision, l’aboutissement d’une délibération après comparaison de choix, la représentation d’une action ou d’un événement consistant à décider ?...  Selon Jan A. Bergstra, une décision professionnelle est toujours une promesse étendue, avec une intention de documentation qui laisse une place explicite à la déclaration. Dès lors, la mise en équation de la prise de décisions devient un exercice où il convient d’aborder les méta-décisions, leurs pré-requis et leurs contraintes propres. De telles recherches s’avèrent précieuses pour le travail collaboratif, mais aussi en matière de prévention des risques et de choix d’externalisation de services.