Le Gartner modère l'enthousiasme des entreprises qui se lancent à l'assaut des mondes virtuels sans prendre les mesures sécuritaires nécessaires. Il propose cinq règles pour amorcer avec succès leur transition vers le virtuel...

Le Gartner modère l'enthousiasme des entreprises qui se lancent à l'assaut des mondes virtuels sans prendre les mesures sécuritaires nécessaires. Il propose cinq règles pour amorcer avec succès leur transition vers le virtuel.
 
Les entreprises qui souhaitent se lancer à la conquête des mondes virtuels ne doivent pas négliger les risques en terme de sécurité auxquels elles pourraient être confrontées. Ces derniers sont bien réels, rappelle le Gartner dans une récente étude. D'où l'importance de mener une véritable évaluation sur ce sujet.
Ce, pour profiter ensuite des opportunités que l'utilisation de ces nouveaux environnement apporte aux entreprises en terme de collaboration et de communication. Pour aider les sociétés à bien gérer leur transition vers les mondes virtuels, le cabinet propose cinq thématiques regroupant les principaux aspects à prendre en compte.
 
Privilégier les environnements virtuels privés
 
"Lors du lancement par une entreprise d'une activité dans un monde virtuel, une connaissance et une analyse précises des risques permettra d'évaluer objectivement et globalement la situation et de limiter les problèmes", explique ainsi Steve Prentice, vice-président et analyste chez Gartner. Première mesure à prendre en compte : l'étude des risques de sécurité liés aux applications IT. Selon le cabinet, le problème de la perméabilité des pare-feux et le téléchargement fréquent de logiciels bureautiques sans vérification préalable représentent les deux risques les plus importants.
 
Deuxième préoccupation : la gestion des accès et du contrôle d'identité. Chaque individu est représenté dans un environnement virtuel par un avatar. La création de ce personnage virtuel n'étant généralement pas payante, il est très facile de s'en créer plusieurs. Le tout, avec de fausses identités. Difficile dès lors de s'assurer du nom exact de la figurine virtuelle avec qui l'on est en contact. Au niveau professionnel, cette absence de contrôle peut avoir un lourd impact. C'est pourquoi le cabinet recommande vivement aux compagnies de mettre en œuvre des environnements virtuels privés, c'est-à-dire activés en interne, et protégés par le pare-feu de la société.
 
La confidentialité en ligne de mire
 
Le problème de la multiplicité des avatars, combiné à la difficulté de s'assurer que la transmission de certaines informations n'a pas été détournée, pose également un problème de confidentialité. A ce sujet, le Gartner souligne la mobilisation des entreprises américaines. Celles-ci sont nombreuses à avoir instauré des systèmes très pointilleux en ce qui concerne la demande d'accès à des informations enregistrées. Les sociétés d'outre-atlantique qui s'engagent dans un monde virtuel utilisent ainsi des applications contenues à l'intérieur du pare-feu de l'entreprise. Cela permet un réel contrôle des identités et de la circulation de données confidentielles. A noter que pour les entreprises non américaines, le cabinet préconise de se méfier des mondes virtuels sous juridiction américaine. Leurs informations confidentielles peuvent en effet être auscultées, en toute légalité, par les autorités.
 
En ce qui concerne les compagnies dont l'image de marque - mais aussi le positionnement au niveau éthique et social - est importante, le Gartner conseille la vigilance dans des univers incontrôlés tels que Second Life. Ces utilisateurs auraient tout intérêt à tourner leur attention sur d'autres sites comme There, Kaneva ou Activeworlds. Ces environnements virtuels alternatifs sont en effet plus ciblés et contrôlés. Enfin, le cabinet rappelle, sans prêter attention aux sceptiques - nombreux dans les entreprises, notamment parmi les anciens salariés - pour qui ces environnements sont une perte de temps, qu'il est fréquent de voir la productivité décliner lors de la période d'adoption d'un l'environnement virtuel. Les entreprises renouent en général rapidement avec les gains.
 
Mathilde Cristiani, pour L'Atelier
(Atelier groupe BNP Paribas – 10/08/2007)