Ayant engagé une profonde restructuration de ses activités, incluant notamment la suppression de 15 000 postes, soit 10 % de ses effectifs, l'américain Motorola vient de terminer une année diffici...

Ayant engagé une profonde restructuration de ses activités, incluant notamment la suppression de 15 000 postes, soit 10 % de ses effectifs, l'américain Motorola vient de terminer une année difficile. Dépassant néanmoins les espérances des analystes, il a dégagé, sur les trois derniers mois de l'exercice, un bénéfice net de 159 millions de dollars (136 millions d'euros), soit 26 cents par action. Bien qu'il soit meilleur que les 23 cents attendus par les analystes, ce chiffre est en baisse de près de 50,4 % par rapport au 4ème trimestre de 1997. Par rapport au précédent exercice, sur les trois derniers mois, le chiffre d'affaires de 8,34 milliards de dollars a très légèrement progressé de 1 %. Sur l'ensemble de l'année, Motorola accuse une perte nette de 1 milliard de dollars (855 millions d'euros), contre un bénéfice net de 1,2 milliard un an plus tôt. Le groupe aurait dégagé un bénéfice de 347 millions de dollars sans les provisions. Sur l'année, le chiffre d'affaires a légèrement régressé de 1 % (29,4 milliards de dollars, soit 25,1 milliards d'euros).

Motorola estime cependant que la part la plus difficile de son épreuve est derrière lui, comme l'explique son PDG, Christophe Galwin, "nous avons réagi de manière décisive en 1998 afin d'affronter les défis en matière de performances et de résoudre les problèmes qui étaient sous notre contrôle". Selon lui, les effets des restructurations ont déjà commencé à porter leurs fruits "nous avons procédé à des changements significatifs et nous sommes en avance sur le calendrier pour nombre de nos programmes destinés à améliorer notre profitabilité".

La reprise en main de l'activité de téléphonie cellulaire devrait contribuer au redressement attendu de Motorola. Après avoir perdu du terrain ces dernières années sur le marché des terminaux et des infrastructures cellulaires face à Ericsson et à Nokia, son entrée réussie sur le terrain du numérique aux Etats-Unis a contribué à améliorer ses positions. Générant plus de 36 % de son chiffre d'affaires, sa division téléphonie cellulaire a réalisé 3,9 milliards de dollars au dernier trimestre de l'exercice, soit une progression de 7 %. Pour regagner une partie du terrain, Motorola va accélérer ses investissements sur ce secteur. Dans le secteur des semi-conducteurs, en revanche, le groupe a vu ses ventes chuter de 9 %. Après avoir réduit de 20 % le nombre de ses références l'an passé, Motorola prévoit désormais de poursuivre le dépoussiérage de son catalogue en stoppant de 50 % la production de ses semi-conducteurs. Les investissements consentis dans ce secteur devraient s'élever à 900 millions de dollars, moitié moins que l'an passé. Les radiomessageries et les systèmes de communications hertziens professionnels ont accusé respectivement un recul de 3 % et 27 % avec un tassement en particulier sur le marché domestique de Motorola. (Les Echos - La Tribune - Le Figaro - 15/01/1999)