Le marché du transfert de valeurs via les téléphones portables attire banques, opérateurs, constructeurs, fournisseurs... Ce qui n'est pas sans poser quelques défis aux législateurs. Et ce, notamment dans les pays émergents.

Plus d’un demi milliard de personnes vont utiliser des services de transfert d'argent par mobile d’ici 2014, affirme une étude de Juniper Research. "A l’heure actuelle on en est à peine à 50 millions d’utilisateurs", explique à L’Atelier Howard Wilcox, analyste senior chez Juniper Research. Cette progression concernera surtout les pays émergents, et particulièrement les personnes n’ayant pas accès à un compte en banque. Les entreprises aussi pourraient bénéficier d’un tel service. "On peut imaginer qu’elles payent leurs employés de cette manière". Selon Juniper, ce nouveau marché attire du coup de nombreux acteurs : les banques, les opérateurs téléphoniques, les constructeurs, mais aussi des start-up et des fournisseurs de service. Western Union, par exemple, cherche à pénétrer ce marché.
Un défi pour les législateurs nationaux
Reste que tous ces prétendants en lice vont devoir faire face à plusieurs défis d'ordre politique, commerciaux et de régulation pour lancer leurs services. Il est donc difficile de faire des prédictions sur ce que sera le futur de cette industrie naissante. "On peut quand même dégager certaines tendances", affirme Howard Wilcox. "En Afrique par exemple, les opérateurs mobiles cherchent à exploiter leur présence dans de nombreux pays". Quant aux questions de législation, elles sont aussi nombreuses. Un temps pris de court, les législateurs sont en train de rattraper leur retard même si la situation reste très variable selon les pays.
Payer ses employés avec le transfert mobile
En Inde, par exemple, la banque centrale n’autorise que les banques ayant une présence physique dans le pays à pratiquer le transfert mobile. "Le fait que les opérateurs mobiles proposent des services de ce type pose clairement des questions", explique l’analyste britannique. "Il est naturel que les pays cherchent à poser des limites". Autre défi, mettre en place un réseau d’agents suffisant et s’assurer qu’il y ait suffisamment d’argent liquide en circulation pour assurer la tenue du service. A noter : le mode de paiement le plus populaire reste le SMS. Des agents non bancaires (pharmacie, commerces...) transforment ensuite ce transfert en argent liquide.