Né de la collaboration entre l’Institut national des télécommunications (INT d’Evry) et le Laboratoire d’Informatique de l’Université Pierre-et-Marie-Curie Paris VI, Remus, premier logiciel frança...

Né de la collaboration entre l’Institut national des télécommunications (INT d’Evry) et le Laboratoire d’Informatique de l’Université Pierre-et-Marie-Curie Paris VI, Remus, premier logiciel français de reconnaissance de l’écriture cursive appliqué à l’alphabet latin, pouvant “lire” un mot rédigé en français, en anglais, en espagnol, en italien, en portugais, etc., analyse non pas ce que vous avez écrit, mais comment vous l’avez écrit. Chacun possède en effet son style, sa manière de mettre les points sur les “i” ou les barres aux “t”, etc…N’attachant pas de sens à un “b” scolaire ressemblant au mot “le” mal dessiné, certains logiciels contournent l’obstacle en demandant à l’utilisateur de “tricher” et d’écrire en détachant les lettres les unes des autres. Les concepteurs de Remus n’ont pas voulu éluder le problème et ont analyser, en temps réel, les déplacements qui ont conduit à l’écriture du mot. Responsable du département Electronique et physique de l’INT, Bernadette Dorizzi assure “la technique mathématique qui sous-tend le programme est très novatrice. Ce programme combine des modèles statistiques réalisés à partir de nombreux échantillons d’écritures et la technique des réseaux de neurones. Nous lui montrons des bases de milliers de mots et il apprend à les segmenter puis à reconnaître les lettres les plus probables”. Aucune formation ni aucun apprentissage ne sont nécessaire grâce aux algorithmes employés. Pour l’instant, Remus n’existe qu’à l’état de prototype. Si ses concepteurs savent qu’un taux d’erreur nul n’existe pas dans le secteur de la reconnaissance de l’écriture manuelle, ils veulent être sûr que l’outil développé est “sain” et ne peut être qu’amélioré. Dix cobayes seulement ont pour l’heure formé “Remus” en écrivant chacun mille mots. Les applications de Remus sont multiples avec l’utilisation de plus en plus répandue des tablettes graphiques reliées à des ordinateurs. (Le Monde 15/12/1998)