Des chercheurs décuplent la sensibilité des signaux RMN pour obtenir des images médicales en plusieurs dimensions d'infimes quantités de matière...

Des chercheurs décuplent la sensibilité des signaux RMN pour obtenir des images médicales en plusieurs dimensions d'infimes quantités de matière.
 
Encore balbutiante, la micro-imagerie commence néanmoins à accomplir ses premiers pas. Un groupe de chercheurs du Département de recherche sur l'état condensé, les atomes et les molécules (DRECAM) du CEA annonce avoir mis en place un système utilisant des détecteurs mobiles miniaturisés pour obtenir un signal de Résonance magnétique nucléaire (RMN). Cette technique de spectroscopie, couplée à l'imagerie médicale, permet d'obtenir des images en 2 ou 3D du corps humain. Principale nouveauté: ces détecteurs, ultra sensibles, surmontent un des défauts de la RMN, à savoir une sensibilité faible sur de petites quantités de matières.
 
De grandes avancées en vue pour la micro-médecine
 
Ils pourront donc être utilisés sur des volumes d'échantillon de quelques centaines de nano-litres. Le dispositif pourra être intégré à la plupart des dispositifs de RMN commerciaux et devrait apporter une aide sérieuse à la micro-imagerie médicale et aux applications en métabolomique. Ces dernières concernent par exemple les petites molécules produites par les processus cellulaires. Autre avancée en perspective permise par ce nouveau signal RMN: l'étude d'échantillons radioactifs, situés à l'intérieur de barrières de confinement.
 
Des difficultés à dépasser
 
Des détecteurs par induction Faraday micrométriques - des bobines statiques se trouvant autour de l'échantillon - utilisent déjà le principe RMN. Mais ils ne concernent que l'étude de milieux liquides homogènes. Pour étudier les milieux solides, hétérogènes et biologiques, qui produisent des interactions anisotropes - des corps dont les propriétés varient selon les directions - il est nécessaire de mettre l'échantillon en rotation autour de l'axe du champ magnétique statique pour obtenir des spectres RMN fins. 
 
Seul problème: "Placer l'échantillon dans un micro-capillaire tournant à plusieurs milliers de tours par seconde [...] à l'intérieur d'un micro-détecteur (ou bobine-NDLR) [...] conduit le plus souvent à la destruction du système", expliquent les chercheurs. Pour résoudre cet écueil, les scientifiques ont développé un système permettant de faire tourner solidairement la bobine, alimentée par induction, et l'échantillon.
 
Mathilde Cristiani, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 02/07/2007)