Le CNRS a réussi à concevoir une structure nanométrique dont les constituants sont capables de modifier leurs propriétés électroniques. Cette innovation pourrait contribuer au développement de mémoires d'ordinateur d'un nouveau genre...

Le CNRS a réussi à concevoir une structure nanométrique dont les constituants sont capables de modifier leurs propriétés électroniques. Cette innovation pourrait contribuer au développement de mémoires d'ordinateur d'un nouveau genre.

Quand les nanosciences avancent, c'est toute l'industrie des nouvelles technologies qui retient son souffle. Le premier pas vers un ordinateur à système moléculaire vient peut-être d'être franchi. Les laboratoires du CNRS de Toulouse sont effectivement parvenus à réaliser un réseau constitué de plots nanométriques aux propriétés électroniques modulables. En fonction de leur environnement, ceux-ci peuvent passer d'un état électronique donné à un autre, dits haut spin (ON) ou bas spin (OFF), à la manière du système binaire régissant le fonctionnement des ordinateurs.
De réelles perspectives d'utilisation
D'après les chercheurs du CNRS, une simple modification de température, de pression ou encore de champ magnétique peut faire basculer ces plots nanométriques d'un état à un autre. Ils seraient alors aisément manipulables dans le cadre d'applications concrètes. Mieux encore, ces minuscules composants sont stables à température ambiante, c'est-à-dire qu'ils conservent leurs propriétés dans le cadre d'une utilisation en conditions dites "normales". Parti de ce constat, on peut rêver à des applications de cette innovation pour des appareils de la vie de tous les jours.
Une alternative aux microprocesseurs
L'ordinateur moléculaire est déjà évoqué comme une innovation potentielle qui découlerait de cette découverte. Les caractéristiques de cette nanostructure pourraient effectivement en faire le premier conteneur d'information binaire de type moléculaire. Une vraie révolution dans la mesure où les plots qui ponctuent ce réseau ne mesurent que 30 nm et sont donc beaucoup plus petits que les composants des microprocesseurs actuels. Pour les scientifiques du CNRS, il pourrait s'agir d'une véritable alternative dans le cadre de l'extrême miniaturisation de l'électronique d'aujourd'hui.  
(Atelier groupe BNP Paribas – 20/07/2007)