L'investissement dans les secteurs de la nanotechnologie reste très limité sur le sous-continent, annonce l'ASSOCHAM. Si rien n'est fait, le pays pourrait accentuer son retard sur les autres régions du monde, y compris ses voisins asiatiques...

L'investissement dans les secteurs de la nanotechnologie reste très limité sur le sous-continent, annonce l'ASSOCHAM. Si rien n'est fait, le pays pourrait accentuer son retard sur les autres régions du monde, y compris ses voisins asiatiques.
 
Le développement de l'industrie nanotechnologique présente un net retard en Inde. C'est ce qu'indique un rapport publié par la chambre de commerce et de l'industrie indienne (ASSOCHAM) en collaboration avec le cabinet conseil Frost & Sullivan. D'après le document, les dépenses publiques en la matière ne représenteraient que 7 millions de dollars sur le sous-continent indien quand elles frisent les 400 millions en Allemagne, et atteignent plus de 300 millions en France. Un écart qui se vérifie également avec ses voisins asiatiques. La Corée du sud voit en effet ses dépenses en nanotechnologies dépasser allègrement les 200 millions de dollars, sans parler de Taïwan, qui investirait près de dix fois plus que l'Inde dans ce domaine.
 
L'Inde, un nain nanotechnologique
 
La contribution des entreprises y est également bien inférieure à la moyenne des pays de la région, avec une part de l'investissement privé s'élevant à seulement 22% en Inde, contre 36% sur l'ensemble de l'Asie émergente. Sur le plan des publications scientifiques, les chercheurs "occidentaux" seraient omniprésents pour ce qui concerne la technologie nanométrique. 40% des articles publiés seraient le fait de scientifiques européens, suivis des nord-américains avec 24 %. Le premier pays asiatique à s'illustrer étant le Japon avec près de 13% des publications "nanoscientifique". L'Inde apparaît loin derrière avec 8%. En dépit de ces chiffres peu élogieux, le secteur des nanotechnologies enregistre une croissance à deux chiffres, a précisé Venugopal N. Dhoot, président de l'ASSOCHAM.
 
La R&D pour rattraper le retard
 
Si une fracture est-ouest apparaît clairement à travers ces statistiques, elle n'est pas exclusivement d'ordre financier. Plus tournés vers les applications industrielles des nanotechnologies, les pays occidentaux tendent à se spécialiser plus particulièrement dans les domaines pharmaceutiques. C'est également le cas de la Chine qui, s'appuyant sur la faiblesse du coût de sa main d'œuvre, investit à grande échelle dans le segment des biotechnologies et attire par la même de nombreux investisseurs étrangers. Il s'agit là d'une menace potentielle pour l'industrie pharmaceutique indienne, précise l'ASSOCHAM. Le pays s'est jusqu'à présent orienté vers une recherche fondamentale et non vers une application commerciale de ses avancées en terme de nanotechnologies. Le retard indien pourrait donc se creuser plus avant si les investissements de R&D nécessaires ne sont pas réalisés.

Le crédit est fortement orienté vers les infrastructures en Inde (23/08/2007)

Atelier groupe BNP Paribas