Disponible au téléchargement depuis de moins de 24 heures, la version 1.5 de Firefox a déjà fait couler beaucoup d'encre numérique, et ce bien avant son lancement. Préparée depuis 18 mois, objet de multiples versions...

Disponible au téléchargement depuis de moins de 24 heures, la version 1.5 de Firefox a déjà fait couler beaucoup d'encre numérique, et ce bien avant son lancement. Préparée depuis 18 mois, objet de multiples versions préliminaires, elle arrive après sept moutures différentes de la version 1.0 et six mois avant la version 2, prévue pour mai 2006.
Pourquoi des mises à jour si fréquentes ? Apportent-elles toutes de réelles nouveautés, ou ne sont-elles là que pour témoigner de l'ardeur des développeurs et entretenir l'intérêt du public ? Amélioration et optimisation des fonctionnalités déjà existantes semblent ici avoir été les maîtres mots.
Changements nombreux mais discrets
Au niveau de l'interface et des fonctionnalités, principales attentes des utilisateurs, les innovations ne sont pas révolutionnaires et ne bouleverseront pas les internautes déjà adeptes de Firefox bien qu'elles soient relativement nombreuses aux dires de la fondation. Voici les plus marquantes.
Un accent tout particulier a été mis sur les flux RSS : le navigateur les détecte automatiquement et propose de les agréger depuis une icône orange placée dans la barre d'adresses.

La navigation par onglets est toujours à l'ordre du jour, mais il est désormais possible de les réorganiser par un simple glisser/déplacer. L'interface de gestion des préférences a été repensée et enrichie de quelques nouvelles options. Citons également la possibilité de supprimer très simplement toutes traces de la navigation, une gestion améliorée des messages d'erreur.

Une interface de gestion des préférences revue, mais pas de grandes innovations (cliquez pour agrandir)
La fondation Mozilla était particulièrement attendue sur deux points : la gestion des mises à jour et le filtre qui sert à bloquer les fenêtres publicitaires intempestives, dites pop-ups.
En ce qui concerne les mises à jour , il ne sera désormais plus nécessaire de télécharger l'installateur complet du logiciel et les nouveautés seront proposées automatiquement au téléchargement. Leur installation s'effectuera donc plus rapidement et plus simplement.
Au niveau des extensions (il en existe plus de 700, parmi lesquelles une vingtaine peuvent apporter de véritables services ou agréments, notamment aux développeurs de sites Web), le système de mise à jour détectera les éventuels problèmes de compatibilité et avertira l'utilisateur, qui ne se retrouvera donc plus pris au dépourvu, privé de ses fonctionnalités favorites.
Quant aux pop-ups ... le bilan n'est pas parfait puisque nous avons constaté l'ouverture de fenêtres publicitaires sur certains sites grand public français. Pour nous, guère d'amélioration tangible à ce niveau, à moins de recourir à l'une des extensions dédiées comme "Adblock".
Moteur, standards, accessibilité : une avance certaine
En matière de moteur graphique et de respect des recommandations promulguées par le W3C , l'organisme de régulation des standards de conception Web, la version 1.5 de Firefox marque en revanche une avancée certaine qui permet à ses fondateurs d'attendre sereinement la nouvelle version d'Internet Explorer (7.0).
Le moteur graphique (Gecko 1.8) s'enrichit du support de deux nouveaux formats d'image amenés à devenir des standards, le SVG et Canvas, qui permettent notamment la manipulation d'images dynamique dans la page Web sans recourir au serveur.
Un outil permet à l'utilisateur de signaler à la fondation Mozilla les sites qui ne seraient pas compatibles avec le navigateur pour qu'elle puisse avertir les éditeurs. Le support des feuilles de style avancées (CSS 3) a également été amélioré.
Selon la fondation Mozilla, il offre également une amélioration notable au niveau du temps de chargement des pages, notamment lorsqu'il s'agit de revenir à la page précédente. Le navigateur garde désormais en mémoire la mise en page en plus des éléments qui la composent, ce qui accélère l'affichage. Un léger gain de temps est certes perceptible, mais il semblerait que cette fonction alourdisse considérablement la consommation en ressources système. Ainsi, après deux heures de surf et sept onglets ouverts, ce qui n'a rien d'une utilisation particulièrement intensive, Firefox occupe sur notre poste près de 100 Mo de mémoire vive !
Objectif : gagner des parts de marché
Fort des arguments évoqués et de ceux qui devraient apparaître avec la version 2.0, prévue pour le mois de mai 2006, la fondation Mozilla ne cache pas ses ambitions : gagner des parts de marché au détriment du vieillissant Internet Explorer. Disponible dès sa sortie en une vingtaine de langues, doté d'une foule d'extensions dont certaines se révèlent vite indispensables, Firefox 1.5 est tout à fait capable de séduire de nouveaux internautes.
Au niveau de la sécurité, la fondation Mozilla bénéficie du concours de la communauté des développeurs qui mettent un point d'honneur à résorber au plus vite les failles de sécurité constatées. Consciente du fait que les attaques risquent de se multiplier si de plus en plus d'internautes adoptent Firefox, la fondation reste confiante et assure que la disponibilité du code source de son application est l'un des gages de sa sécurité.
Actuellement, les parts de Firefox sont estimées, selon les sources, entre 11 et 17 % du marché des navigateurs Web. En octobre, les lecteurs de l'Atelier étaient 20 % à utiliser Firefox, contre 75 % pour Internet Explorer (5, 5.5 et 6) et 3,1 % pour Safari.
(Atelier groupe BNP Paribas - 30/11/05)