L’industrie du disque s’échine dans la lutte contre l’échange de fichiers musicaux sur Internet. Après les actions de la RIAA (Recording Industry Association of America) Outre-Atlantique, c’était...

L’industrie du disque s’échine dans la lutte contre l’échange de fichiers musicaux sur Internet. Après les actions de la RIAA (Recording Industry Association of America) Outre-Atlantique, c’était la semaine dernière au tour du Snep (Syndicat national de l’industrie phonographique) de lancer des menaces à l’encontre des internautes adeptes du téléchargement de musique en ligne (voir article du 05.05.2004). Premier argument : le téléchargement illégal est la cause principale de la chute qu’affiche le marché du disque (- 21,4 % au premier trimestre 2004). Second argument : le téléchargement illégal nuit directement aux artistes et à leur création. Une stratégie quelque peu remise en cause par une récente étude du cabinet Pew Internet & American Life Project, qui s’est intéressée au point de vue des musiciens, chanteurs, et auteurs de chansons sur ce sujet. Le cabinet leur a par exemple demandé quel effet avait eu le téléchargement en ligne sur divers aspects de l’avancement de leur carrière : vente de CD, passages à la radio, présence du public à leurs concerts, etc. 21 % des sondés estiment que les ventes de leurs titres ont augmenté grâce au téléchargement illégal, 19 % que leur présence sur les ondes radio a progressé et 30 % qu’ils remplissent plus les salles de concert. 5 % seulement des sondés pensent que le téléchargement illégal a eu un effet négatif sur les ventes de leurs albums, et 34 % estiment que cela n’a eu aucun effet notable. Globalement, 35 % pensent que le téléchargement gratuit a boosté leur carrière. En ce qui concerne les actions de la RIAA aux Etats-Unis, les artistes interrogés ne sont pas particulièrement tendres. 60 % d’entre eux estiment en effet qu’elles ne leur apporteront rien de positif (contre 22 % qui pensent le contraire, et 18 % qui ne se prononcent pas).Des chiffres qui démontrent clairement qu’il existe une frontière indéniable entre l’industrie musicale et les maisons de disque, qui appartiennent au monde des affaires, et les artistes eux-mêmes qui pour une majorité considèrent le téléchargement illégal comme une opportunité de diffusion de leur musique. (Atelier groupe BNP Paribas - 10/05/2004)