Ils n’ont pas été entendus la première fois, alors ils remettent ça. Le 15 juillet dernier, associations de consommateurs et syndicats professionnels libanais appelaient les utilisateurs de...

Ils n’ont pas été entendus la première fois, alors ils remettent ça. Le 15 juillet dernier, associations de consommateurs et syndicats professionnels libanais appelaient les utilisateurs de téléphones portables à couper leur mobile vingt-quatre heures durant. Le dessein de ce boycott était de protester contre les prix exorbitants de la téléphonie mobile, qui concerne 850.000 utilisateurs libanais (soit un quart de la population du pays).

Abonnement mensuel de 25 dollars, comptabilisation des communications à la minute, cartes prépayées hors de prix… La liste des doléances est longue, et les associations de consommateurs rappellent que 500 minutes de communication coûtent 121 dollars au Liban, contre 66 en Jordanie ou 39 aux Emirats !

A la suite de cette journée de boycott suivie par 50 % environ des utilisateurs, le ministre des Télécommunications avait reconnu les revendications de la population et assuré de soumettre à l’ensemble du gouvernement le projet d’une baisse des tarifs.

Seulement voilà : les 800 millions de dollars que le pays perçoit chaque année sur le réseau et les communications GSM permet au Liban de couvrir en partie un déficit budgétaire évalué à plus de trois milliards de dollars.

Lundi dernier, 22 associations de professionnels et syndicats ont relancé le processus du boycott, avec l’assurance d’obtenir un taux de plus de 60 % de participation, cette fois-ci. Les revendications sont les mêmes : abolition de l’abonnement, réduction de 50 % des tarifs de communication la nuit, comptabilisation à la seconde, etc.

Il semblerait que le boycott soit devenu le moyen privilégié de protester contre l’offre en termes de téléphonie mobile : le 15 juillet dernier, l’Italie s’y mettait, quelques mois après que l’association française de défense des consommateurs UFC - Que choisir avait appelé les utilisateurs à ne plus envoyer de SMS le temps d’une journée.

(Atelier groupe BNP Paribas – 19/08/2004)