entraîner, dans les dix ans à venir, la suppression de 6,7 millions de postes de travail. L'étude réalisée par le professeur Rainer Thome et son assistant Boris Krauss porte sur les 22 millions d'em...

entraîner, dans les dix ans à venir, la suppression de 6,7 millions de postes de travail. L'étude réalisée par le professeur Rainer Thome et son assistant Boris Krauss porte sur les 22 millions d'emplois du tertiaire au sens large. Au lieu des centaines de milliers ou de millions d'emplois nouveaux attendus, ce qui est affirmé à Bonn, il ressort de cette étude que ce sont 6,7 millions de licenciements ou de mises en pré-retraite qui allaient résulter de l'informatisation du secteur tertiaire au cours des dix prochaines années. Le professeur avoue "avoir été effrayé en voyant ces chiffres". Jusqu'à présent, la mise en ordinateur de nombreuses activités n'a pas eu cet effet, mais la pression des coûts (les salaires et charges patronales allemandes sont les plus élevés du monde)" va entraîner de nouveaux changements massifs dans le monde du travail". Un sur deux des 3,4 millions de postes dans la distribution sera remplacé par la caisse automatique, le paiement électronique et l'achat par Internet. A cause d'automation, 46 % des 2,6 millions de fonctionnaires et employés pourraient devenir superflus. Le plus menacé est le secteur bancaire puisque 80 % de ses activités sont constituées d' actes répétitits qu'il serait aisé de confier à la microélectronique. 61 % des emplois, soit au total 772 000, seraient éliminés dans le secteur du crédit. Que peut-on faire pour que l'informatisation de la société crée au moins autant d'emplois qu'elle n'en supprime ? pour que l'ordinateur facilite le travail de l'homme sans pour autant prendre sa place ? "Côté salaire, l'ordinateur est le plus frugal des employés et il n'exige ni indemnité maladie, ni retraite". Pour sa part le quotidien Frankfürter Rundschau s'étonne "Mais comment ce professeur a-t-il pu s'étonner ? les universités forment des ingénieurs qui rêvent de diriger des usines vides et des bureaux totalement automatisés". Visiblement, le gouvernement, quant à lui, s'inquiète et redoute la vague de chômage qui monte dans le tertiaire après celle de l'industrie. Le ministre de l'Economie Günter Rexrodt confie au Figaro Economie "je ne veux pas me lancer dans des spéculations sur la question de savoir si la société informatisée crééera en fin de compte plus ou moins d'emplois qu'elle n'en éliminera. Nous sommes déjà en route vers cette société et l'important est de chercher à en tirer le maximum de profit, à nous servir des chances qu'elle nous offre et à conserver et à créer un maximum d'emplois porteurs d'avenir". (Le Figaro - 13/08/1997)