L’ambiance se détériore entre les deux principaux protagonistes de l’offre publique d’achat (OPA) lancée par Oracle vendredi dernier sur PeopleSoft. Les raisons discrètes de ce grand chambardement...

L’ambiance se détériore entre les deux principaux protagonistes de l’offre publique d’achat (OPA) lancée par Oracle vendredi dernier sur PeopleSoft. Les raisons discrètes de ce grand chambardement, ainsi que les différents moyens de blocage sont passés en revue. Et chacun y va de son commentaire, de son petit coup de bluff, afin de trouver sa place au sein de l’une des plus importantes offres d’achat hostiles depuis celle d’IBM sur Lotus, en 1995.

Si le patron de PeopleSoft, Craig Conway, a décidé de ne pas recommander l’offre d’Oracle, s’élevant à 16 dollars par action, c’est qu’il possède une « pilule empoisonnée » qui pourrait causer bien du souci à Larry Ellison, le patron d’Oracle. Il s’agit d’un dispositif destiné à protéger PeopleSoft des tentatives de rachat hostiles en rendant difficile le remplacement des administrateurs et en permettant l’émission d’actions à droits préférentiels, qui rendraient le prix de l’entreprise prohibitif.

J.D. Edwards, qui avait conclu un accord avec PeopleSoft en début de semaine dernière pour être racheté par son concurrent, n’est pas avare en commentaire. Son Directeur général, Robert Dutkowsky, estime que la manœuvre d’Oracle est « bancale », et qu’elle entraverait à la concurrence sur le marché des logiciels d’entreprise. Il espère que les autorités de la concurrence aux Etats-Unis et en Europe pourront bloquer l’offre d’Oracle.

Quelle que soit la tournure que prendront ces événements, SAP, le leader allemand du marché des logiciels d’entreprise, devrait profiter de ce tumulte pour conquérir quelques clients effrayés par cette OPA.

(Atelier groupe BNP Paribas – 10/06/03)