Sur le segment des navigateurs alternatifs à Internet Explorer, Opera s'est fait voler la vedette par Firefox. Pourtant, comme Firefox, Opera disposait de nombreux avantages pour connaître le succès : le blocage des pop-ups, la navigation par onglets...

 
Sur le segment des navigateurs alternatifs à Internet Explorer, Opera s'est fait voler la vedette par Firefox. Pourtant, comme Firefox, Opera disposait de nombreux avantages pour connaître le succès : le blocage des pop-ups, la navigation par onglets, la reconnaissance des mouvements de souris, un historique possible de 10.000 pages... Mais aussi un module de messagerie électronique baptisé M2, un lecteur de flux RSS, etc.
Firefox a sans doute fait la différence parce qu'il est open source et qu'il est arrivé à un moment où, les failles sur Internet Explorer se multipliant, les internautes ont cherché une alternative : la réponse est venue de la fondation Mozilla, qui a particulièrement bien géré son marketing à la mode virale !
Pour autant, il ne faut pas enterrer Opera, bien au contraire. La société norvégienne éponyme qui l'édite a livré ces dernières semaines des raisons de croire que son navigateur peut connaître un nouveau souffle.
La reconnaissance vocale
Le 23 décembre dernier, Opera a livré aux internautes une version bêta de son navigateur version 8.0, au design simplifié et à l'apparence plus intuitive. Opera en a profité pour améliorer la gestion des flux RSS et enrichir son navigateur d'un outil qui recentre les pages web et permet ainsi d'économiser de nombreux scrolls.
Ce n'est cependant pas avec ça qu'Opera surprend aujourd'hui le marché. La curiosité de cette version 8.0, c'est la reconnaissance vocale. La société norvégienne a conclu un partenariat avec IBM et développé une interface avec la technologie ViaVoice d'IBM, qui propose d'utiliser la parole comme interface utilisateur dans l'échange de données.
L'utilisateur pourra ainsi commander son navigateur à la voix, lui demander l'ouverture d'une nouvelle page, utiliser la fonction de recherche d'un site, etc. Capable d'écouter, la version 8.0 d'Opera pourra aussi lire les pages Internet à leur utilisateur : une fonctionnalité extrêmement intéressante en termes d'accessibilité pour les personnes malvoyantes. 
Une autre idée, défendue par IBM au sujet de sa technologie ViaVoice, consiste à utiliser la reconnaissance vocale dans les navigateurs pour effectuer des commandes en ligne sur les sites Internet des cybermarchands, à la mode drive-in.
La niche des navigateurs pour téléphones portables
En 2004, Opera a marqué des points sur le délicat marché des dispositifs portables. Il a ainsi noué des partenariats avec les fabricants Nokia, Sony Ericsson ou encore Motorola. Ce qui attire les équipementiers chez Opera ? C'est un navigateur plus compact et plus rapide qu'Internet Explorer, tout simplement.
Sa dernière version, encore en test, et son module de reconnaissance vocale devrait encore plus intéresser les fabricants d'équipements portables en 2005. Dans la navigation sur Internet, les téléphones et les assistants personnels posent problème parce que la saisie d'adresses et la recherche d'information sur des moteurs sont particulièrement difficiles. La reconnaissance vocale pourrait largement simplifier les choses...
Opera étend son influence au monde universitaire
Déjà choisi par des universités comme Oxford, Harvard ou le Massachusetts Institute of Technology (MIT), le navigateur Opera sera désormais gratuitement distribué auprès du monde universitaire. Il y a deux jours, la société norvégienne a annoncé qu'elle offrirait des licences aux établissements d'enseignement supérieur.
Selon Opera, l'objectif de cette initiative est d'assurer une navigation plus sécurisée aux étudiants. Plusieurs établissements ont, c'est vrai, recommandé aux élèves et à leur personnel de ne plus utiliser Internet Explorer.
Quoiqu'il en soit, il faut surtout lire dans cette nouvelle gratuité une intention d'Opera de s'insinuer dans le monde étudiant et de s'offrir une campagne publicitaire à bas prix. Reste pour la société norvégienne à attendre que la greffe prenne et que les jeunes utilisateurs ciblés ne jurent que par Opera pour longtemps !
Par Anaïs Grassat