Pour permettre aux machines de comprendre des données subjectives, un moyen est de les rendre capables d'analyser un tableau et d'en comprendre - via des données objectives - les influences, avec la précision d'un professionnel.

Quand l'ordinateur parvient à comprendre l'art

Si les ordinateurs et les machines robotisées sont douées de plus en plus d'autonomie et d'intelligence artificielle, peuvent elles pour autant saisir des concepts plus subjectifs comme l'art ? Oui, répond une équipe de l'université de Southfield, menée par Shamir Tarakhovsly, qui a mis au point un ordinateur capable d'identifier les similarités et les différences entre plusieurs œuvres, et les rattacher à des courants. Cela, d'une manière assez proche de celle d'un critique spécialisé. Celui-ci est composé d'algorithmes de reconnaissance visuelle et de comparaison, et dispose d'une base de données importante sur les caractéristiques des œuvres, composée de points de vue d'experts. Pour expérimenter leur système, les scientifiques ont rassemblé mille œuvres peintes par trente quatre artistes de grande notoriété. Ils ont ensuite laissé l'ordinateur analyser les similarités visuelles que l'on pouvait retrouver, sans assistance humaine.

Comprendre les différents courants

C'est-à-dire que pour chaque peinture, la machine a retiré plus de 4 000 considérations, d'image, de texture, de couleur, d'analyse de forme. Cela afin de parvenir à comprendre au mieux la composition du tableau. Le système a ensuite utilisé des solutions de reconnaissance de modèles et des outils statistiques pour rapprocher ou différencier les peintures entre elles, en fonction de données sur les courants préalablement enregistrées. Selon eux, la machine aurait déterminé les influences et les proximités entre artistes d'une façon assez proche du travail que pourrait proposer un individu compétent. En effet, le système a été capable d'identifier les différences par exemple entre réalisme classique et d'autres styles plus modernes, et a séparé les peintres en deux groupes. Qu'il a ensuite subdivisés en sous-groupe en fonction des mouvements artistiques différents.

Analyser les influences

Par exemple, il a placé dans le style Renaissance des artistes comme Raphaël ou Léonard de Vinci, et dans le Baroque Vermeer, Rubens et Rembrandt. Une analyse partagée par les critiques, qui les associent en général. De même, le dispositif a rapproché Gauguin de Cézanne, et identifié des similarités entre Salvador Dali, Max Ernst, ou encore Giorgio de Chirico, tous membres de l'école surréaliste. Enfin, l'outil a proposé un canevas expliquant l'influence entre un peintre et un autre ou entre courants, proche de ceux mis en avant en général par les professionnels. A terme, un tel système pourrait éventuellement trouver son intérêt dans une application de reconnaissance de tableaux, et d'envoi d'informations dessus, par exemple dans les musées.