Une équipe de scientifiques se penche sur un système qui permettrait de convertir les électrons en quantum bits, l'unité d'information des futurs ordinateurs quantiques...

Une équipe de scientifiques se penche sur un système qui permettrait de convertir les électrons en quantum bits, l'unité d'information des futurs ordinateurs quantiques.
 
Des ordinateurs infiniment plus puissants? C'est ce que pourraient proposer les ordinateurs quantiques, des PC aux capacités accrues qui passionnent un grand nombre de chercheurs. Des scientifiques de l'Ecole Normale Supérieure de Paris viennent d'ailleurs de présenter un dispositif capable de maîtriser le comportement des électrons. But de la manœuvre: faire de ces particules élémentaires des transporteurs de données.
 
Le système permettrait de faire passer les électrons à travers un univers baptisé 2DEG (two-dimensionnal electron gas), et qui permet d'utiliser les électrons comme des qubits (quantum bits), une version plus élaborée de l'unité de mesure (bits) utilisée dans les systèmes informatiques traditionnels.
 
Selon Science, le dispositif consiste en un minuscule conducteur électrique appelé "quantum dot", qui fait transiter des électrons un par un dès qu'il reçoit une impulsion électrique. Pour Christian Glattli, un physicien et co-auteur du projet, cette découverte représente un pas important dans la recherche quantique.
 
De nombreux efforts en perspective
 
Mais les recherches à venir s'annoncent encore longues. En effet, les scientifiques doivent désormais apprendre à contrôler les mouvements des qubits. Selon Christian Glattli, la difficulté d'un tel contrôle sera de surmonter le bruit généré par l'émission rapide et unitaire des électrons.
 
Autre challenge à relever: la mise en place d'un détecteur d'électrons, capable de recevoir les qubits. Mais les résultats pourraient être à la hauteur des difficultés.
 
Stephen Giblin, un physicien du Laboratoire national de physique du Middlesex, estime que les ordinateurs quantiques qui utilisent des électrons, même s'ils semblent plus désordonnés que les systèmes photoniques, devraient pouvoir être fabriqués en plus grand nombre et être plus faciles à intégrer que les systèmes électroniques conventionnels. En effet, les systèmes basés sur les photons, plus maniables, comportent des dispositifs techniques très sophistiqués.
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 28/05/2007)