Pour rendre accessible au plus grand nombre l'impression 3D, un ingénieur a mis au point une imprimante pliable à bas coût, dont le développement s'est fait entièrement de manière participative.

[OuiShareFest] Foldarap rend les imprimantes 3D pliables et transportables

Si l'impression tridimensionnelle est maintenant répandue, elle reste toutefois encore trop peu abordable pour le grand public et difficilement adaptée aux déplacements. Deux points que l'ingénieur Emmanuel Gilloz a tenté de résoudre en développant Foldarap, une imprimante 3D pliable et transportable, présentée à l'occasion du OuiShare Fest qui se déroulait hier et aujourd'hui à Paris. L'intérêt est que les utilisateurs puisse la mettre en forme eux-mêmes avec des matériaux disponibles à tout un chacun et par l'intermédiaire du système RepRap, une imprimante 3D qui, pour rappel, permet de créer de manière participative une partie de ses matériaux.

Un modèle participatif

Et pour cela, le concepteur de cette imprimante s'est servi de modèles disponibles sur Internet en open source afin de concevoir son propre appareil. Celui-ci se compose tout simplement d'une base robuste de profilés aluminium et de plastique PLA biodégradable, ainsi que d'un système de montage simplifié, pour lequel la base électronique est fournie à la vente. De fait, l'appareil fonctionne comme toute autre imprimante 3D, à la différence de sa flexibilité extrême. « L'objectif premier était de bâtir une imprimante facile à déplacer et à ranger », explique son concepteur. Donc une fois pliée, celle-ci, qui ne pèse pas plus de 4kg, ne mesure que 33,5 x 37,6 x 9,8 cm.

Le financement participatif déjà banalisé

« L'open source est une pierre angulaire de l'imprimerie 3D » explique Emmanuel Guilloz. Mais ce n'est pas l'unique méthode participative utilisée par celui-ci. En effet, le concepteur explique que l'open innovation est également au cœur de son travail puisqu'il a soumis sur internet les différentes étapes de création et qu'il s'est appuyé sur les conseils d'internautes pour améliorer son projet. De même, ce projet a été financé via le crowdfunding par le biais de la plate-forme Ulule. Pour Emmanuel Gilloz « aujourd'hui le phénomène Kickstarter, ou quelle que soit la plate-forme utilisée, est complètement normal dans le domaine des imprimantes, même si cela peut paraître original vu de l'extérieur ». En effet, beaucoup de projets d'imprimerie 3D utilisent des modèles distribués librement sur Internet, et l'échange de pièces manufacturées entre Fab labs est devenu « une pratique courante », selon le créateur de l'imprimante 3D pliante.

Rédigé par Guillaume Parodi
Rédacteur