Grâce à l'analyse des données statistiques et à la participation de tous les élèves et personnels du campus via leur smartphone, l'Université de Wisconsin entend éviter cette année le développement d'une épidémie grippale en son sein.

OutSmart Flu tente de contenir la propagation de la grippe sur les campus

A l'intérieur d'un lieu clos, ou semi-clos comme peut l'être un campus universitaire, l'importante volatilité du virus de la grippe peut rapidement, et ce chaque année, créer de réels problèmes de fonctionnement, tant en termes d'efficacité de l'enseignement du côté du personnel scolaire que pour l'assiduité des étudiants. Avec le développement inégalé de la vitesse de communication et les nouvelles plate-formes d'information qu'offrent les réseaux sociaux, les chercheurs de l'Université de Wisconsin ont élaboré un projet pour en réduire les conséquences néfastes. Sur le modèle de l'analyse statistique des données déjà largement utilisées au sein des institutions médicales pour prévoir les risques d'épidémie, les chercheurs, en collaboration avec Survey Analytics ont développé une application permettant aux utilisateurs de partager leurs informations médicales concernant d'éventuels symptômes grippaux.

Le réseau social préventif

Les chercheurs américains se sont directement inspirés des expériences menées par Google en 2010 qui avait annoncé pouvoir prévoir le développement de l'épidémie grippale avant les institutions de veille médicale. La raison en était simple, avant de consulter un médecin, de plus en plus de malades potentiels cherchent à vérifier, par le biais d'Internet, le sens des symptômes éprouvés. De même nous vous avions déjà présenté un programme développé par l'Université de Louisiane permettant de suivre l'évolution de la contagion grippale par le biais de l'analyse des tweets publiés au sein d'une population. UW et Survey Analytics ont souhaité aller plus loin, tirer parti d'une part de la masse d'information analysable à travers les informations offertes par les réseaux sociaux, et réintégrer d'autre part la population concernée dans le processus de prévision. Afin de s'assurer de la pertinence des informations traitées, ce sont cette fois les individus qui, en acceptant de faire partie du réseau dédié, publient leurs symptômes. Par le biais d'une application mobile, chacun se doit alors, à intervalles réguliers, de remplir un rapide questionnaire concernant son état de santé. L'information est ensuite traitée directement par la plate-forme qui détermine alors les risques médicaux et les partage avec l'ensemble de la communauté.

Une approche participative

L'intérêt de cette approche tient justement à la dimension volontaire des informations collectées, comme le définit le Docteur Sethi, du Département des Sciences Médicales de la Population, "Nous crowdsourcons la surveillance grippale [...] notre application encourage à prendre certaines précautions comme se laver les mains un peu plus longtemps, ou faire plus d'effort pour aller se faire vacciner." Avec le développement de nombreuses applications de santé mobile, l'exemple d'OutSmart Flu, de par sa dimension collaborative, apparaît comme un exemple significatif d'une réinvention du rapport au patient.

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste