Alors que passer ses ordres de Bourse par Internet inquiétait encore récemment beaucoup d'épargnants, le volume des transactions boursières via Internet a explosé aux Etats-Unis au cours des dernièr...

Alors que passer ses ordres de Bourse par Internet inquiétait encore récemment beaucoup d'épargnants, le volume des transactions boursières via Internet a explosé aux Etats-Unis au cours des dernières années. François Champarnard et Fabrice Demarigny, de la COB notaient en novembre 1998 "en décembre 1996, International Data Corporation avait estimé à 1,5 million le nombre de comptes ouverts auprès d'un courtier en l'an 2000. Cette prévision apparaît extrêmement sous-évaluée puisque pratiquement déjà atteinte. Et selon la firme Pacific Coast Brokerage, ce type de service croît annuellement au rythme de 25 %". Aux Etats-Unis, un tiers des ordres de Bourse passés par les particuliers sont désormais transmis par Internet. Créés à la fin des années 70 par le courtier Charles Schwab, les "discount brokers" sont à l'origine de ce véritable raz de marée. Ces intermédiaires offrent, à des prix inférieurs de près de moitié à ceux des maisons de titres traditionnelles, leurs services de ventes et achats de titres boursiers. Grâce à Internet, ils ont pu toucher un nombre plus important de clients et offrir des services à des prix encore plus faibles. De nouveaux acteurs se sont aussitôt saisis de cette opportunité. En Europe, la France n'est pas trop en retard, une fois n'est pas coutume. Des sociétés de Bourse comme Wargny, Ferry ou Dubus ont offert dès 1997 leurs services en ligne. De nouveaux intervenants comme Fimatex, Bourse Direct, plus récemment Self Trade sont ensuite arrivés. Mais ce qui surtout à permis de dynamiser le marché, c'est l'arrivée de la Compagnie parisienne de réescompte (CPR), seule puis en association avec e-Trade, et celle de la Banque Cortal (groupe Paribas) associée désormais à Ameritrade. Quelques sociétés de télématique veulent aussi aujourd'hui prendre pied sur ce nouveau marché. Toutefois, comme les actionnaires individuels sont proportionnellement moins nombreux en France qu'aux Etats-Unis et que beaucoup de Français continuent d'utiliser le Minitel, le courtage par Internet pourrait ne pas connaître en France le même essor qu'outre-Atlantique. Directeur associé chez Bourse Direct, Philippe Gellman remarque "aujourd'hui, seulement 15 % de nos clients passent leurs ordres par Internet, le Minitel restant le canal le plus utilisé". L'utilisation de l'Internet est beaucoup plus spectaculaire chez Cortal ou CPR. Les ordres par Internet chez CPR sont aussi nombreux que ceux passés par téléphone et Minitel réunis. (Le Monde Economie - Le Figaro - 30/03/1999)