mPowa lance sur le sol britannique un dispositif qui permet de connecter un terminal à un téléphone pour assurer ensuite facilement une transaction. Un système plébiscité mais qui seul ne fera pas le succès de son fondateur.

Pour payer via mobile, l'ajout d'un terminal se généralise

Pour faciliter le paiement avec son mobile en magasin, les initiatives qui se multiplient actuellement tournent autour de l’ajout d’un petit terminal de paiement au téléphone. Dernier en date, sur le marché britannique : mPowa. Dans la veine de Square, le système vise à permettre au commerçant de facturer sa note au client. Techniquement, il suffira de brancher un module externe qui permet de lire les cartes bancaires sur la prise jack de tout type de Smartphone. Le client n’a alors plus qu’à glisser sa carte, faire son code sur le téléphone du commerçant et recevoir une facture par mail. Selon ses fondateurs, le système s’adresse tout particulièrement aux petits commerçants ou commerçants itinérants, qui peuvent perdre des ventes à cause du manque d’équipement. « Cette solution comporte un avantage par rapport à d’autres technologies : elle nécessite d’équiper les commerçants seulement, et non les clients », constate sur le sujet Philippe Torrès, Responsable du conseil et de la stratégie digitale à L’Atelier.

La confiance, mère du succès

Néanmoins, diffuser cette technologie, même gratuitement comme le fait mPowa, ne suffit pas à assurer son succès. Car quand il s’agit d’acheter par grâce aux nouveaux moyens de paiement, le consommateur pense à la sécurité de son paiement et à la fraude. De son côté, Powa assure que son service est sécurisé, au niveau 1 de conformité PCI, comme un site bancaire. Qui plus est, l’emplacement de l’échange est enregistré à chaque transaction, ce qui devrait dissuader le fraudeur. Pour autant, la sécurité technique n’est elle même pas la seule clef. Pour Philippe Torrès, c’est donc « le commerçant qui participe à la mise en confiance du client ainsi que la reconnaissance de la fiabilité du moyen de paiement ». Un consommateur peut effectivement essayer, par curiosité, un nouveau mode de paiement qui ne lui demande aucun équipement supplémentaire. Mais cela est surtout vrai dans une grande enseigne reconnue. Le même consommateur face à la même technologie inconnue chez un petit commerçant inconnu n’aurait pas forcément la même attitude.

Sans partenariat, le développement du paiement mobile se contrarie

Une donnée essentielle est alors le développement de l’entreprise, d’une part, mais surtout de son réseau. Car si aujourd’hui il est devenu naturel d’utiliser une liseuse de carte bancaire en magasin, c’est aussi parce que les grands acteurs de ce marché ont développé un réseau permettant l’interopérabilité. Pour Philippe Torrès, il est peu probable « qu’un nouvel acteur dans le marché du paiement se mettre à reconstruire un réseau de la taille des acteurs existants » ou « qu’un des acteurs existants laisse passer une moyen de paiement qui se diffusera peut-être très largement ». C’est pourquoi, aujourd’hui, ajoute-t-il, Visa investit dans Square. A noter que Square et mPowa ne sont pas les seuls sur le marché. En France, c’est Skimm, hébergé au sein de l’accélérateur Le Camping, qui travaille sur le sujet.

Rédigé par Renato Martinelli