Les acteurs de la santé digitale et plus particulièrement mobile doivent s'accorder sur l'adoption de standards communs pour développer un véritable écosystème dans les pays en développement.

Pays émergents : la m-santé doit encore progresser au niveau de l'interopérabilité

Plusieurs rapports ont déjà noté le manque d'interopérabilité des différentes applications de m-santé, et la mHealth Alliance, une organisation qui cherche à fédérer la communauté de la santé sur mobile autour d'outils et d'études, dresse le même constat. En effet dans son rapport de mars 2013, dédié aux pays émergents, l'organisation note que ce processus complexe ne peut pas être adopté rapidement et que cette prise de conscience n'est pas nouvelle. La mise en place de ces standards s'est révélée plus difficile que prévue et ralentit les initiatives locales, et ce de manière bien plus visible dans les régions en développement. Afin de pérenniser leurs efforts, la mHealth Alliance propose plusieurs recommandations.

Des difficultés nationales

Les problèmes d'interopérabilité peuvent survenir de plusieurs manières. Il peut s'agir à la fois d'une difficulté technique ou sémiotique, c'est-à-dire au niveau matériel ou du décryptage des données, mais aussi venant d'un problème d'une interopérabilité institutionnelle : les relations entre gouvernements, politiques, les accords commerciaux ou les systèmes juridiques peuvent jouer sur l'écosystème de la e-santé. Afin de permettre aux pays d'adopter ces standards, l'étude recommande entre autres de modifier les dynamiques du marché afin d'inciter le développement de l'interopérabilité. Les donateurs et les partenaires technologiques y jouent un rôle primordial car abaisser le coût d'adoption des standards et de leur adaptation permettrait, en autres, de réduire les écarts existants, mais aussi de financer la programmation de logiciels open-source utilisables par tous.

M-santé et e-santé s'envisagent ensemble

L'étude fonde ses observations sur un échantillon de 2 154 articles publiés relatifs à la m-santé et, point primordial, le rapport note qu'il ne faut pas considérer la m-santé comme un processus à part de la e-santé. Un autre répondant anonyme fait d'ailleurs emphatiquement remarquer "que nous ne faisons aucune distinction entre le m et le e en termes de standards de données" même, pour de nombreuses organisations, il est important d'approcher l'interopérabilité et les standards via le point de vue de la m-santé. L'étude recommande aussi la standardisation de la collaboration parmi les initiatives locales. En effet, cette préparation permettrait ensuite la création d'initiatives au niveau national. L'alignement des initiatives globales sur les systèmes pré-existants au niveau d'un pays est par ailleurs une autre de leurs recommandations, sans quoi selon les auteurs du rapport à une fragmentation du système de santé local, ce qui conduirait inévitablement à un manque d'interopérabilité ou à un impact réduit des stratégies adoptées.  

Rédigé par Guillaume Parodi
Rédacteur