Le développement de la banque mobile et des technologies associées facilite l'accès aux services bancaires dans les pays en voie de développement. Pour autant, le secteur ne pourra pas se reposer sur ce seul biais.

Le développement de la microfinance ne se fait pas de manière uniforme dans tous les pays. C’est ce que révèle une étude de l’Economist Intelligence Unit dédiée au sujet, et menée plus particulièrement dans une cinquantaine de pays émergents*. Parmi les critères qui favorisent la création d'un écosystème lié à la microfinance, l'EIU évoque l’importance de l’environnement légal, et la teneur des investissements. Le rôle des nouvelles technologies n'est pas non plus à négliger. "Celles-ci contribueront à améliorer l’efficacité des micro transactions et à en réduire les coûts", explique à L’Atelier Vanesa Sanchez, responsable de l’étude. RFID, téléphones portables, lecteurs de code barres, etc. permettront ainsi de donner accès aux services bancaires aux populations situées dans des zones reculées.
Le m-banking pour développer les services bancaires
"Dans les pays émergents, de nouveaux moyens de paiement se développent", confirme à L’Atelier Sophie Madet, associée chez Equinox Consulting. "Le m-banking peut devenir un vecteur plus important encore que dans nos pays". Ce développement pose tout de même quelques questions."Comment va s’articuler la relation entre les opérateurs, le secteur bancaire traditionnel et les acteurs de la microfinance ?", s’interroge Vanesa Sanchez. L’intérêt du secteur bancaire privé pour ce secteur est une bonne chose. Les banques disposent déjà du capital humain et sont à même de faire les investissements nécessaires. Pour autant, il n’est pas souhaitable de voir la microfinance tomber complètement dans les mains du secteur privé, juge Vanesa Sanchez.
Banques et ONG sont complémentaires
"Les ONG connaissent les populations concernées et sont sur certains points mieux à même de leur répondre".  La technologie ne pourra de toute façon pas tout pallier. "Il sera toujours nécessaire de rendre régulièrement visite aux micro entrepreneurs pour s’assurer de la viabilité de leur affaire", explique Vanesa Sanchez. Enfin, l'utilisation de solutions de microfinance liées aux technologies est encore faible pour le moment. "La microfinance est un secteur en développement", explique Vanesa Sanchez. "Le capital humain et technologique reste une barrière". Il est donc important de lever les fonds nécessaires pour investir dans ces technologies et entraîner le personnel à les utiliser. Certains gouvernements, épaulés par des organismes internationaux comme la Banque Mondiale prennent d'ailleurs des initiatives en ce sens.
* Les pays concernés sont situés en Amérique latine, en Afrique, en Asie et au Moyen Orient