Autorisée à émettre de la monnaie électronique, l'entreprise anglaise proposera en France un système permettant d'acheter jusqu'à 1 000 euros de biens dans des boutiques en ligne.

La carte de paiement prépayée fait des émules. L'anglais paysafecard devrait bientôt arriver en France, après être entré sur quelques pays européens (Belgique, Allemagne, Autriche, Suisse, etc.). Pour cela, l'entreprise vient de recevoir il y a quelques jours un agrément européen de la Financial Services Authority (FSA) pour émettre de la monnaie électronique. Pour le consommateur, il n'y aura pas besoin de changer ou d'obtenir un compte en banque. La carte s'achète dans des points de vente de produits non financiers. paysafecard affirme que ses produits sont disponibles actuellement dans 90 000 boutiques. "En France, des cartes prépayées sont déjà en vente", rappelle Philippe Torres, directeur des études et du conseil à L'Atelier. Les cartes Moneo Vert, indépendantes du compte bancaire, peuvent ainsi s'acquérir dans certains kiosques à journaux parisiens.
Paiement de 1000 euros
Mais elles sont limitées en termes de puissance d'achat : le réserve maximale est de 100 euros et il n'est pas possible de payer des biens de plus de 30 euros. La paysafecard, elle, embarque une réserve fixe de 10, 25, 50 ou 75 livres sterling. Soit 94 euros au total. Mais il est possible au moment de payer de cumuler jusqu'à dix cartes et d'atteindre ainsi un montant maximal de 1 000 euros. Autre différence avec Moneo : la carte paysafecard ne peut pas être utilisée dans des magasins physiques. Seules les enseignes web sont concernées. Et encore sont elles essentiellement consacrées à la vente de jeux et de musique. Une limitation que n'aura pas la carte prépayée "Jump". Destinée au 12-17 ans, elle a été lancée il y a une dizaine de jour par l'opérateur Orange et BNP Paribas.
Des retraits dans les distributeurs
Elle autorise en sus le retrait de liquide dans des distributeurs. Revers de la médaille, il faut envoyer un dossier complet pour l'obtenir : justificatif de domicile, RIB, photocopie de carte d'identité... "La loi européenne qui définit la licence d'émetteur de monnaie électronique est moins contraignante que les règles prudentielles qui s'appliquent aux banques", explique Philippe Torres. Au final, paysafecard oscille entre les cartes cadeaux d'enseignes comme la Fnac et la carte de paiement traditionnelle. Un créneau que tente d'occuper un français comme Limonetik. Quoi qu'il en soit, elle pourra intéresser les personne non bancarisées (le taux de non bancarisation en France est inférieur à 5 %), les jeunes... et, plus problématique, les personnes en situation irrégulière. Autre risque : le montant d'achat, assez élevé, peut faire craindre du blanchiment d'argent.