McCracken, depuis treize ans PDG de Silicon Graphics (SGI), a annoncé à l'issue d'un conseil d'administration plus que houleux qu'il renonçait à son poste en déclarant "j'ai décidé qu'il était temps...

McCracken, depuis treize ans PDG de Silicon Graphics (SGI), a annoncé à l'issue d'un conseil d'administration plus que houleux qu'il renonçait à son poste en déclarant "j'ai décidé qu'il était temps pour moi et pour la compagnie de changer de direction". Près d'un millier de personnes seront également licenciées, soit 10 % environ de l'effectif total. Il faut reconnaître que la société, considérée pendant longtemps comme l'un des fleurons du higt-tech américain, rencontre depuis quelques temps des problèmes et vient d'annoncer un nouveau trimestre déficitaire (- 55 millions de dollars de pertes). Alors qu'il y a encore deux ans son PDG était salué par la presse américaine comme celui qui était parvenu à faire entrer l'informatique haut de gamme sur de nouveaux marchés comme celui du cinéma, un grand nombre d'erreurs stratégiques ont été commises comme l'achat pour 740 millions de dollars du fabricant de superordinateurs Cray, le manque de réactivité face à la concurrence nouvelle des micro-ordinateurs, l'inaptitute à se déplacer vers le marché des serveurs. Bien que dotées de puces puissantes et de systèmes d'exploitation Unix, les stations graphiques de SGI sont de plus en plus soumises à la concurrence des micro-ordinateurs presque aussi puissants, mais alimentés par des puces Pentium et un système d'exploitation Windows NT qui les rendent de 5 à 10 fois moins cher. De même, les logiciels disponibles sur le marché des PC sont de moins en moins chers. Alors que la société s'apprêtait à adapter certains de ses logiciels sous Unix, notamment son offre de développement d'applications virtuelles sur Internet, à Windows NT, Ed Mc Crackers reconnaissait "il est de plus en plus difficile de faire la différence entre PC et stations de travail". L'entreprise va pour l'instant réduire de 10 % ses dépenses de fonctionnement trimestrielles de l'ordre de 400 millions de dollars. Ni le successeur d'Ed McCracken, ni la nouvelle stratégie de l'entreprise ne sont pour l'instant trouvés. (Les Echos - 31/10/1997)