Deux semaines avant sa mise sur le marché, le Pentium III a été présenté par Craig Barret, le PDG d'Intel, aux analyses et aux médias afin de couper court à la polémique qui gâche la présentation de...

Deux semaines avant sa mise sur le marché, le Pentium III a été présenté par Craig Barret, le PDG d'Intel, aux analyses et aux médias afin de couper court à la polémique qui gâche la présentation de cette nouvelle puce. En effet, depuis qu'Intel a révélé qu'elle avait inclus un numéro d'identification (Processor Serial Number) interrogeable à distance dans sa nouvelle puce, le dernier né de la famille Pentium est au coeur de l'actualité. Ce PSN doit permettre aux entreprises de mieux gérer à distance leurs micro-ordinateurs en réseau et aux particuliers d'accéder aux applications de commerce électronique de façon sécurisée. Cependant, les principales associations américaines de défense des intérêts individuels y ont vu immédiatement une menace pour la vie privée, chacun pouvant désormais être localisé grâce à son ordinateur. Depuis plusieurs semaines, des campagnes de presse virulentes et des appels au boycottage se sont succédé aux Etats-Unis, obligeant Intel à faire marche arrière. En présentant formellement dans la Silicon Valley pour la première fois la nouvelle puce, Mike Aymar, vice-président d'Intel, a admis, mercredi dernier "nous vendons le Pentium III aux constructeurs avec un PSN désactivé. Quant aux particuliers, ils disposeront d'un logiciel que nous avons écrit spécialement et qui leur permettra d'activer ou de désactiver cette fonction d'identification". Préférant mettre l'accent sur la véritable "révolution" qu'apporterait le Pentium III à Internet en général et aux applications graphiques du commerce électronique en particulier, les dirigeants d'Intel ont orchestré, auprès de l'opinion publique, une campagne publicitaire mondiale record de 300 millions de dollars (près de 257 millions d'euros). Les analystes et les médias ont aussi été invités à constater que le Pentium III n'allait pas seulement permettre à quelques jeux d'arcade de s'exécuter quelques fractions de seconde plus vite. Plus de 250 partenaires ont ainsi présentés des programmes déjà optimisés. Lançant immédiatement un modèle à 550 MHz, Intel promet des versions d'ici seulement à un an à 800 MHz, voire jusqu'à 1 000 MHz. (Les Echos - Le Figaro - 19/02/1999)