Selon une étude réalisée par la Sofres Communication Financière en novembre 2000, pour le compte de RSM Salustro Reydel et Euronext, auprès des analystes et gérants actions de sept pays européens,...

Selon une étude réalisée par la Sofres Communication Financière en novembre 2000, pour le compte de RSM Salustro Reydel et Euronext, auprès des analystes et gérants actions de sept pays européens, ceux-ci sont pour le moins partagés sur l’intérêt de distinguer aujourd’hui «la nouvelle économie» et une économie dite «traditionnelle». 57 % jugent la distinction pertinente, contre 43 % d’avis contraire. Les pays ayant connu et (dé)passé le stade de «l’e-folie» du début 2000 comme par exemple la France et le Royaume-Uni, jugent que la distinction n’est pas ou plus opérante aujourd’hui: 62 % des analystes et gérants britanniques, 60 % de leurs confrères français. En revanche, 80 % des analystes et gérants espagnols et 77 % des italiens la jugent toujours pertinente. Selon les analystes et gérants européens interrogés, Internet a surtout un impact dans les entreprises dans les relations BtoB. Les achats et les relations fournisseurs (53 %) ou la distribution (38 %) sont davantage cités que les relations clients (37 %), la production (20 %) ou la gestion des ressources humaines (5 %). Alors que 43 % des personnes interrogées jugent les critères utilisés jusqu’à présent adaptés pour évaluer les performances des acteurs de la «nouvelle économie», 52 % sont d’un avis contraire. Les marchés financiers, appelés à préciser les critères leur semblant les plus pertinents, parmi 10 critères proposés, pour évaluer les performances de la «nouvelle économie», placent aux premiers rangs le management, les équipes (96 %), la stratégie (95 %) et le projet d’entreprise (91 %). Toutefois, suivent de très près le business plan (91 %), le nombre de clients et les parts de marché (85 %), la rentabilité des investissements (84 %), le chiffre d’affaires et ses perspectives de croissance à court terme (83 %). Avec 62 % des citations, la rentabilité à court terme arrive au dernier rang. 28 % des analystes et des gérants déclarent avoir modifié leurs critères d’évaluation des sociétés de l’économie traditionnelle (67 % n’ont pas changé). 90 % des analystes et gérants européens jugent nécessaire que les sociétés de l’économie traditionnelle expliquent aux marchés les conséquences d’Internet pour leurs activités et la stratégie qu’elles comptent aborder. Parmi les valeurs entrants dans le périmètre de la «nouvelle économie», les analystes financiers et les gérants européens privilégient les valeurs sûres (télécoms, informatique) et surtout les entreprises bien implantées, ayant fait leurs preuves, plutôt que les nouvelles sociétés à fort potentiel de croissance ou les «pure-players» de l’Internet. Analystes et gérants européens, appelés à dresser le profil des sociétés devant le plus profiter d’Internet, selon eux, au sein de l’économie traditionnelle, misent sur les banques, les sociétés de la communication ou des média, la distribution. Les valeurs télécoms sont reléguées au dernier rang. Selon les analystes et les gérants européens, les grandes entreprises seront les premières bénéficiaires d’Internet (44 %), plus que les sociétés de taille moyenne (21 %) ou les petites entreprises (25 %). Les marchés financiers européens, sur le plan géographique, privilégient l’Europe du Nord et les Etats-Unis. Pour tirer profit d’Internet, les sociétés de l’économie traditionnelle doivent avoir la maîtrise de l’outil Internet (32 % des citations) et un «alliage» d’inventivité et de rigueur. Elles doivent éviter à tout prix les investissements irrationnels (23 %), la dispersion (20 %) et la précipitation (16 %). Les recommandations pour les sociétés de la nouvelle économies sont nettes et marquées: les deux objectifs prioritaires sont de rentabiliser leurs activités (47 %), et de conquérir des clients, gagner des parts de marché (38 %), bien avant la maîtrise de la logistique ou de l’organisation (16 %), l’innovation (14 %) … (Christine Weissrock – Atelier BNP Paribas – 08/12/2000)