Un chercheur de l’Université de Californie à Santa Cruz, a étudié l’impact des véhicules autonomes sur le comportement des piétons. Résultat ? Le rapport de force n’est pas celui qu’on croit.

Les piétons seront-ils rois au pays des véhicules autonomes ?

L’adoption massive de la voiture autonome serait prévue pour 2050, d’après le cabinet de conseil McKinsey. Le piéton devra-t-il s’inquiéter d’un monde où l’homme ne sera plus derrière le volant ? L’entreprise suédoise Semcon propose un véhicule sur lequel se dessine un sourire à l’arrêt, pour lui montrer qu’il est sécurisé de traverser. Un chercheur de l’Université de Californie à Santa Cruz va plus loin et considère que les piétons n’ont rien à craindre. Selon son étude, récemment publiée au Journal de la planification de l’éducation et de la recherche, les véhicules autonomes étant averses au risque, les passant vont pouvoir mener la marche.

Le professeur Adam Millard-Ball a utilisé la théorie des jeux pour réaliser ses travaux. Il a analysé les interactions entre hommes et automobiles sans conducteurs, en se concentrant sur les intersections. Au moment de traverser, les piétons évaluent les risques de se faire écraser par un conducteur tête en l’air, sociopathe juste ou dans l’incapacité d’arrêter la voiture à temps, estime le chercheur. Or, si la voiture autonome s’arrête systématiquement au passage du piéton, ce dernier risque d’en profiter et de prendre le pouvoir. Les véhicules autonomes seront alors ralentis par les personnes sur les routes quand bon leur semble… ce qui pourrait présenter un désavantage et freiner l’adoption de la technologie. À moins d’impacter l’urbanisme des villes et de donner naissance à davantage de rues piétonnes qui s’opposeraient à des voies non-empruntables à pieds.

La régulation du secteur, tant attendue par les constructeurs, devra en tout cas aussi passer par une application stricte des lois par les piétons, pour une cohabitation harmonieuse avec les automobiles sans conducteurs.

Initialement publié sur Les Echos

Rédigé par Sophia Qadiri
Responsable éditoriale et journaliste