Avec déjà plus de 70 appareils, la start-up possède la plus large constellation de satellites en orbite autour de la Terre. Mais ce chiffre devrait grimper très vite.

PlanetLabs multiplie la mise en orbite de ses mini-satellites

30 centimètres de long, 10 centimètres de large et 10 centimètres de haut. Telles sont les dimensions des mini-satellites de Planet Labs. Cette start-up fondée en 2010 par des anciens de la NASA et basée à San Francisco, a déjà lancé plus de 70 appareils de ce type, appelés Cubesats. Elle possède ainsi la plus large constellation de satellites en orbite autour de la Terre. La barre des 100 devrait être franchie avant la fin de l’année. “Et ce n’est qu’un début”, promet Josh Alban, le directeur du développement. Equipés d’un capteur optique, ces satellites peuvent prendre des clichés en haute définition de la surface terrestre. Objectif: “photographier l’intégralité de la planète chaque jour”, explique le dirigeant, qui reconnaît cependant qu’il faudra encore attendre plusieurs années pour atteindre ce but.

Nombreuses utilisations

Planet Labs n’est pas la seule start-up californienne à s’être lancée sur ce marché. Elle est cependant la plus avancée. En juin, Google avait racheté l’une des sociétés concurrentes, Skybox, pour 500 millions de dollars. Le moteur de recherche ne s’intéresse pas seulement aux capacités d’imagerie: il veut aussi utiliser ces satellites pour fournir, tout comme les nano-satellites Navosat développés par le chercheur Stanislaw Ostoja- Starzewski, une connexion Internet à certaines régions qui en sont encore dépourvues.“C’est l’une des applications possibles, indique Josh Alban. Mais on se concentre d’abord sur notre première mission”. La société compte déjà quelques clients. Par exemple, des exploitations agricoles souhaitant avoir des photos quotidiennes ou hebdomadaires pour adapter leur cultures. Les autres utilisations potentielles sont nombreuses: aides en cas de catastrophes naturelles, études géologiques, cartographie… Autant de domaines où il est nécessaire d’avoir des données mises à jour rapidement.

Production à coût réduit

A l’origine de PlanetLabs en 2010, les fondateurs voulaient “prouver qu’il n’est pas nécessaire de dépenser des millions de dollars pour concevoir et lancer un satellite”, se souvient James Mason, responsable de mission au sein de la société. “Il est plus facile d’avancer rapidement en dehors de la NASA”, poursuit-il, invoquant un “esprit de la Silicon Valley” que ne possède pas l’agence spatiale américaine. L’idée des trois co-fondateurs: profiter des avancées technologiques grand public pour fabriquer un appareil beaucoup plus abordable. Si la société ne communique pas ses coûts de fabrication, ces mini-satellites seraient, selon certaines estimations, jusqu'à 95% moins chers à produire que des appareils traditionnels. Leur lancement est également moins coûteux car une seule fusée peut en transporter plusieurs dizaines à la fois. Depuis son lancement, la société a levé 63 millions de dollars, notamment auprès de DST, le fonds de capital-risque du milliardaire russe Yuri Milner.

 

Rédigé par Jérôme Marin