Alors qu'elles envisageaient de basculer rapidement dans l'euro avant la date-butoir de 2002, les PME françaises manquent nettement d'enthousiasme depuis l'arrivée en janvier de la monnaie unique. ...

Alors qu'elles envisageaient de basculer rapidement dans l'euro avant la date-butoir de 2002, les PME françaises manquent nettement d'enthousiasme depuis l'arrivée en janvier de la monnaie unique. Les chefs d'entreprise accordent leur priorité au bogue de l'an 2000 et à la réduction du temps de travail rendue obligatoire pour les sociétés de plus de 20 salariés dès le 1er janvier 2000. Selon une enquête réalisée par l'Institut CSA pour l'ordre des experts-comptables, 7 % seulement des PME comptent passer à l'euro avant la fin de 1999, contre 25 % il y a un an. La plupart des entreprises semblent décidées à reporter leur passage à l'euro au début de 2002. A peine 5 % des entreprises, utilisant régulièrement l'euro dans leurs relations financières, optent pour un basculement précoce. Une enquête de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) corrobore cette attente. Alors que 67 % des entreprises interrogées se déclarent prêtes à franchir le pas en 1999 et 29 % "tout à fait prêtes", 6 % seulement ont opté pour un basculement de leur comptabilité dès cette année et 30 % ont décidé d'attendre 2002. La plupart des PME françaises, pour l'observatoire Sage, ont arbitré contre l'euro, faute de ressources suffisantes pour mener trois opérations à la fois : euro, an 2000 et 35 heures "les entreprises françaises risquent ainsi de se retrouver l'année prochaine menacée de toute part". Dans une enquête préliminaire, le ministère des Finances tente d'expliquer que l'euro n'est pas devenu une réalité de la vie de tous les jours des PME. Selon la Direction générale des impôts, 5 000 entreprises seulement ont effectué leur déclaration mensuelle de TVA en euros entre janvier et avril 1999. D'après la CCIP, les paiements en euros sont encore marginaux pour la plupart des entreprises interrogées. 74 % des dirigeants de PME n'ont remarqué aucune réduction des frais bancaires pour les virements transfrontaliers, 73 % n'ont même pas interrogé leur banquier à ce sujet, 9 % n'envisagent pas d'ouvrir de compte en euros avant 2001 et 21 % pas avant 2002. 25 % des entreprises n'ont entrepris aucune adaptation de leur informatique à l'euro, 74 % ne prévoient aucune formation à la monnaie unique pour leurs commerciaux et 37 % n'ont fixé aucun calendrier pour libeller les salaires en euros. 26 % ne l'envisagent pas avant 2002. (Le Figaro - La Tribune - 29/06/1999)