Les réseaux sociaux aident la police à anticiper les crimes et à mieux cibler leurs recherches des coupables.

Quand la police se dote d’un faux compte Instagram pour résoudre un crime

L’usage des réseaux sociaux dans une optique de prévention du crime n’est pas une nouveauté. En 2013, la police de Chicago, aidée de scientifiques du Predictive Technology Lab de l’université de Virginie, s’était intéressée aux tweets publiés par des personnes se trouvant dans la ville, grâce à la position GPS. L’anticipation des délits s’effectuait alors bien en amont puisque l’analyse des tweets permettait de détecter par exemple de nombreux messages faisant référence à une grande consommation d’alcool dans une zone précise, ce qui amenait à une probabilité de délits élevée.

Dernièrement, c’est l’usage du réseau social de partage de photos, Instagram, qui a permis d’aider la police. En 2013, après un vol de bijoux, le suspect Daniel Gatson avait publié des photos de son butin sur son compte Instagram. La police avait lancé une investigation afin de récolter des preuves de sa culpabilité. Elle a donc simplement créé un faux compte et a demandé à "suivre" le suspect, c’est-à-dire devenir son ami. Ce dernier a accepté, ce qui a permis à la police d’avoir accès à toutes ses photos, même s’il pensait être protégé de toute intrusion en paramétrant son compte pour que seuls ses amis, et non les inconnus, puissent voir ses photos.

Les photos Instagram ont ainsi permis d’obtenir un mandat de perquisition pour fouiller la maison du coupable. Lors de son jugement, ce dernier avait demandé à retirer ces preuves, qui selon lui allaient à l’encontre du Quatrième amendement de la Constitution des Etats-Unis, faisant prévaloir un mandat pour toute perquisition devant être justifiée. Toutefois, le juge du district de New Jersey a rejeté la demande de Daniel Gatson, déclarant que celui-ci avait lui-même approuvé la demande de friend request sur Instagram.

Cet exemple, et d’autres faisant appel à des informations publiées sur Facebook ou Instagram démontrent le pouvoir des réseaux sociaux et la puissance qu’ils peuvent avoir lors d’affaires judiciaires. Néanmoins, il n’existe pas encore de standards de régulation concernant ce type d’informations. Avec les réseaux sociaux prenant une part de plus en plus grande dans la vie des citoyens, la justice pourrait en arriver à modifier ses règles pour les inclure.

Rédigé par Eliane HONG
Journaliste