La Commission Européenne présente un rapport enjoignant les secteurs de la technologie et de l'information à diversifier leur recrutement, non seulement dans un but d'intégration sociale, mais surtout de par l'opportunité économique existante.

Une politique favorable à l'intégration des femmes dans les NTIC est-elle nécessaire?

La place des femmes dans les nouvelles industries de la technologie et de l'information, depuis une conceptrice de jeux vidéos, à une responsable de communication numérique, est pour le moins faible. Cette sous-représentation particulièrement caractéristique de ces secteurs se couple à une autre problématique, d'un côté les femmes ne semblent pas vouloir en moyenne choisir des diplômes dans cette voie, et de l'autre celles qui y travaillent effectivement ont tendance à rapidement la quitter pour rejoindre d'autres secteurs. Or, pour la Commission Européenne, devant la progression constante qu'enregistrent les secteurs des TIC, cette sous-représentation ne représente pas seulement une inégalité sociale criante, mais un cruel manque à gagner pour la compétitivité européenne.

La technologie, un truc de garçon

En effet, son rapport dévoile que si la mise en place de la parité au sein des secteurs privés et publiques s'avère être un processus de longue haleine, la majorité des secteurs, en moyenne ont vu une amélioration statistique significative. Ainsi en Europe, 45% des travailleurs européens obéissent dans la chaîne hiérachique à une femme, pour le secteur des TIC, ce nombre ne dépasse pas 19%. Cette inégalité peut être directement retracée au schéma scolaire différent suivi par garçons et filles. Sur 1000 femmes européennes diplômées, seules 29 d'entre elles le sont dans les TIC contre 95 pour les hommes, et, plus problématique encore, 4 femmes uniquement en moyenne entreront effectivement dans la sphère du travail des TIC. L'étude avance plusieurs explications possibles à ce phénomènes, à partir de questionnaires remplis par des femmes européennes. Si certaines barrières internes et facteurs sociopsychologiques tels que l'aversion à la négociation, au risque ou le manque d'assurance sont à blâmer, ce sont principalement des facteurs extérieurs qui apparaissent responsables. Au premier lieu, une culture fortement masculinisée et stéréotypée envers le rôle des femmes.

La présence des femmes est un accélérateur de productivité

Neelie Kroes, la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la stratégie numérique, rappelle avec insistance que la présence de femmes dans une entreprise dynamise fortement productivité et efficacité du travail. Et effectivement, les estimations avancées par le rapport sont attrayantes, tablant sur une rémunération des capitaux propres supérieures de 35%. Il faut aussi noter que les femmes qui travaillent dans ce secteur, si elles sont moins nombreuses, sont mieux rémunérées de 9% en moyenne par rapport aux autres secteurs. Cet apport potentiel des femmes aux services de la technologie et de l'information pourrait ainsi signifier une augmentation anuelle de 9 milliards du PIB européen. Cependant afin d'arriver à ce résultat, il convient non seulement de chercher à changer la culture interne des TIC mais surtout de développer une communication plus attractive pour les femmes. Neelie Kroes exprime ainsi l'impact positif d'une politique plus inclusive : "Chaque femme digitale est une triple victoire : pour l'individu, pour l'organisation et pour l'économie".

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste