Si l'investissement dans la R&D et l'innovation a souffert pendant la crise, les pays membres ont entrepris des politiques louables mais qu'il faut encore affûter, en privilégiant plus des mesures ciblées et en améliorant la recherche du secteur public.

Les politiques d'innovation en mutation dans les pays de l'OCDE

La crise économique de 2008, mais aussi les enjeux environnementaux, démographiques et sociétaux, obligent les pays de l'OCDE à relever de nombreux défis pour maintenir un développement continu. Mi-septembre, l'organisation publiait ainsi ses Perspectives, en rappelant l'importance du coup de miser sur l'innovation. Innovation qui a pâti elle aussi des récentes difficultés, un décalage se faisant sentir entre les pays qui connaissent la croissance et qui innovent dans ce nouveau contexte, et les autres. D'où la nécessité, rappelle l'organisation, de réévaluer les politiques STI (science, technologie et innovation), en ayant une vision plus large de l'innovation qui s'étend aux activités de services, et qui prend en compte les défis sociétaux et mondiaux comme l'évolution vers une croissance verte, la prise en compte des problématiques de vieillissement et de santé, et l'innovation au service du développement. Les politiques d'innovation menées jusque là ont compris ces enjeux, et se sont plus dirigées vers des mesures ciblées et sectorisées. L'organisation souligne la mise en place d'incitations fiscales, d'encouragement de l'entreprenariat, de pôles d'activité, de réformes sur le marché des brevets et d'amélioration des infrastructures.

Rendre profitable la recherche du service public

Pour l'OCDE, l'objectif est aussi de rendre plus efficace la recherche du service public, en misant sur sa commercialisation afin de pallier la réduction des financements publics et de faire fructifier les connaissances développées, en accélérant la mise en place d'une science ouverte (ce qui nécessite la mise en place d'infrastructures et d'un cadre juridique), ou encore en internationalisant (en insérant des acteurs nationaux dans les réseaux mondiaux du savoir) et en favorisant l'autonomisation des universités. A noter qu'en 2009, les dépenses de R&D des entreprises de la zone de l’OCDE ont baissé de 4.5%. En fait, elles ont fléchi dans les pays qui investissent le plus dans cette activité, à l’exception de la Corée et de la France. Parmi ces pays actifs dans le domaine de l’innovation, les disparités sont remarquables comme par exemple entre la Suède et la Finlande, où les indicateurs de R&D et de brevets sont en recul, et la Corée qui a maintenu une expansion rapide et régulière.

Déclin des activités d’innovation sauf dans les pays émergeants

En 2009, le financement public a constaté une croissance mais momentanée dans de nombreux pays. L’innovation caractérisant une part importante des programmes de relance, les crédits budgétaires publics de R&D ont augmenté d’environ 9% dans la zone de l’OCDE. Toutefois, en 2010 et 2011 avec l’aggravation des contraintes pesant sur les budgets publics, de nombreux pays ont réduit leurs dépenses de R&D. Malgré une décroissance dans les activités d’innovation dans les pays de l’OCDE, ce n’est pas le cas dans certains pays émergents. La Chine par exemple a continué d’enregistrer une croissance de son PIB et une progression de ses activités d’innovation, la R&D en entreprise progressant de 26% en 2009.  De ce fait, la crise a accéléré une tendance déjà présente puisque la part de la Chine dans la R&D mondiale qui était de 7% en 2004 et de 10.5% en 2008, a atteint 13% en 2009.