Daniel Laury est fondateur et CEO de LSF Network : créateur et éditeur californien du célèbre site de jeu en ligne Luckysurf (http://www.luckysurf.com) et président d'une compagnie reconnue en...

Daniel Laury est fondateur et CEO de LSF Network : créateur et éditeur californien du célèbre site de jeu en ligne Luckysurf (http://www.luckysurf.com/) et président d’une compagnie reconnue en marketing online (http://www.lsfnetwork.com).
 
Daniel Laury a l’œil bleu du marin, qu’il est à ses rares heures perdues, et qu’il fut pendant 18 mois à sa sortie de l’ESSEC. « Une période très heureuse» comme aide de camp d’un amiral.
 
Et ses qualités de marin, Daniel Laury a pu les mettre à l’épreuve au court d’une carrière consacrée à la création d’entreprises. Maintenir le cap dans la tempête, avec sang-froid et détermination….et un goût certain du jeu et du risque.
 
Après un début de carrière des plus « classiques » dans une grande banque d’affaires New Yorkaise et un fond d’investissement français, Daniel Laury lance sa première société : Probag. En 1996, il est lassé de récupérer sa valise trempée ou abîmée après un de ses nombreux voyages en avion. Il invente la machine à emballer les bagages à l’embarquement.
 
« Parce que le voyage en avion est une expérience qui doit se poursuivre jusqu’à la réception de ses bagages en parfait état. La bonne relation avec une compagnie aérienne doit continuer au-delà de la sortie de l’avion » dit-il. Déjà ce souci du marketing et de la relation client, qui sera un des fils directeurs de sa carrière d’entrepreneur. Et ça marche très bien. Vous trouvez aujourd’hui ses appareils dans de très nombreux aéroports. Les habitués des classes supérieures d’Air France connaissent bien la machine.
 
Mais en 1999, c’est l’aventure californienne et de l’Internet qui appelle Daniel Laury. Il s’installe dans la Silicon Valley et lance Luckysurf, le premier site de loterie gratuite en ligne. Et le succès est immédiatement au rendez-vous. Dés la première année, Luckysurf est le 17éme site le plus visité au monde. La société, qui a levé des fonds, est profitable fin 2000.
 
Le trafic est là, et la publicité commence à arriver pour financer le site. En avril 2000, le site plus de 700 000 nouveaux utilisateurs dans le mois. Et des concurrents se créent partout dans le monde, comme bananalotto en France.
 
Mais la tendance se retourne en 2001, et la bulle n’épargne pas Luckysurf. Daniel Laury veut tenir le cap, contre vents et marées, car il pense avoir construit un bon navire. Fait rarissime dans la Silicon Valley : il rachète leurs parts aux capitaux risqueurs qui ont investit dans sa compagnie, et réduit fortement la voilure pour passer la tempête. Il est suivi par une poignée de passionnés, dont Philippe Courtot, autre entrepreneur français de la Silicon Valley, interviewé dans l’Atelier numérique n°139.
 
Et il réussit ce que peu d’entrepreneurs Internet de la Valley ont réussi à faire : franchir la mauvaise passe. En 2004, les clients recommencent à rappeler. Mais depuis, Daniel Laury a élargi et complété son offre. Luckysurf continu de représenter 30% de revenus de la société et se classe toujours dans les 700 sites les plus visités au monde. Mais en parallèle, il a développé une vraie expertise de marketing on-line.
 
Aujourd’hui, LSF Network est un des leaders du marketing on-line. L’entreprise est capable de gérer pour ses clients l’ensemble des problématiques du marketing sur Internet : de la création de campagne, au e-mailing, en passant par la création de blogs, de sites communautaires et la gestion des campagnes de clicks sur les moteurs de recherche. Son ambition est de devenir la référence en matière de qualité des clients générés grâce à ses actions. Et un business model original : puisque que la société se rémunère en grande partie au succès de ses campagnes. Avec plus de 70% de croissance l’an dernier et des clients prestigieux comme Nokia, HP, American Express, The New York Times, ou Niman Ranch, on peut dire qu’il est en bonne voie.
 
Alors Daniel Laury peut un peu souffler, et regarder avec un peu plus de sérénité une mer plus calme, mais riche d’aventures. Un bon marin prépare toujours la prochaine tempête ! Et il trouve que la période est passionnante, et que les promesses du Web 2.0, dont les modèles économiques sont essentiellement basés sur de la publicité, lui rappellent bien des promesses d’avant la bulle. Et il pense avoir l’expertise et l’historique suffisants pour y jouer un rôle de taille, en évitant les zones de turbulences et de gros temps.
 
Alors que voit Daniel Laury du bout de sa lorgnette de « on-line marketer » ?
 
Aujourd’hui, Internet se trouve selon lui confronté à 3 grandes difficultés d’un point de vue marketing :

la durée de vie des produits est extrêmement courte. Il faut sortir quelque chose de nouveau en permanence pour pouvoir survivre, et une compagnie qui cesse d’innover est une compagnie qui meurt, dans un environnement concurrentiel très aiguisé, avec des barrières à l’entrée de plus en plus faibles.

Beaucoup de « killer applications » sont ruinées par des acteurs non éthiques. Le spam en est l’exemple typique en ce qui concerne le mail.

Tout nouveau produit devint une commodité après 12 à 18 mois, du fait de la multiplication de l’offre. C’est par exemple ce qui est en train d’arriver à la VoIP, avec la multiplication des acteurs gratuits comme Skype.

Alors, en ce moment, la course de la Silicon Valley, c’est bien d’après lui la course à l’innovation. Mais, au fond, n’est-ce pas dans les gênes de cette région ?
 
Dominique Piotet
A San Francisco pour l’Atelier(Atelier groupe BNP Paribas - 12/05/2006)